{"id":919,"date":"2021-11-17T18:54:06","date_gmt":"2021-11-17T17:54:06","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/?p=919"},"modified":"2021-11-17T18:54:06","modified_gmt":"2021-11-17T17:54:06","slug":"une-personnalite-de-six-fours-vincent-allegre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/2021\/11\/17\/une-personnalite-de-six-fours-vincent-allegre\/","title":{"rendered":"Une personnalit\u00e9 de Six-Fours : Vincent All\u00e8gre"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"155\" height=\"222\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Vincent_Allegresenat.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-921\"\/><figcaption>Coll S\u00e9nat <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Six-Fours le 7 ao\u00fbt 1835, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 M\u00e8ze (H\u00e9rault) le 18 mai 1899. Vincent All\u00e8gre est un des enfants de Six-Fours les plus connus \u00e0 la fin du XIX\u00e8me, par ses fonctions (maire de Toulon, d\u00e9put\u00e9 du Var, s\u00e9nateur de la Martinique) et par les r\u00e9seaux (familiaux, sociaux, politiques) qu&rsquo;il entretenait dans la commune et le canton. Une rue de Toulon et une rue de Bandol portent son nom. La rue All\u00e8gre de Six-Fours correspond par contre au quartier du m\u00eame nom, mais sans rapport avec Vincent All\u00e8gre, qui est six-fournais par sa m\u00e8re (une Aycard) et non par son p\u00e8re (dont la famille \u00e9tait \u00e9tablie entre Bandol, Sanary et la Cadi\u00e8re).<\/p>\n\n\n\n<p>Le p\u00e8re de Vincent All\u00e8gre, Jean Baptiste All\u00e8gre, capitaine marin, \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Bandol en 1798 o\u00f9 son p\u00e8re, Fran\u00e7ois Paul All\u00e8gre, \u00e9tait garde champ\u00eatre. Jean Baptiste All\u00e8gre s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 Six-Fours en 1831, apr\u00e8s son mariage avec Alexandrine Aycard, n\u00e9e le 25 juin 1808, de feu Jean-Antoine Aycard, canonnier de son vivant et de Genevi\u00e8ve Pourquier. Le couple s&rsquo;installa dans la maison familiale des Aycard situ\u00e9e dans le village, tout pr\u00e8s de la tour de l&rsquo;horloge et Vincent All\u00e8gre y passa son enfance avec sa grand-m\u00e8re maternelle Genevi\u00e8ve Pourquier (87 ans en 1856), ses deux soeurs, Baptistine son a\u00een\u00e9e et Cl\u00e9mence, sa cadette et son jeune fr\u00e8re (n\u00e9 en 1843). Vincent All\u00e8gre resta passionn\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 son village sa vie durant et il y fut enterr\u00e9. Au printemps 1870, un journaliste de l\u2019hebdomadaire toulonnais le Carillon (dimanche 20 mars 1870) insistait sur son attachement \u00e0 son village natal. \u00ab&nbsp;Au sommet de ce c\u00f4ne toujours \u00e9tincelant de lumi\u00e8re, qu\u2019un bouleversement a fait surgir l\u00e0 tout expr\u00e8s pour rompre la monotonie du paysage [\u2026] se trouve le manoir de ses p\u00e8res. Je le dis sans ironie&nbsp;: cette habitation est flanqu\u00e9e d\u2019une tour [\u2026] Ce qu\u2019il y a de vrai, c\u2019est qu\u2019il a une passion folle pour le nid o\u00f9 il a vu le jour.&nbsp;\u00bb En d\u00e9cembre 1874, l\u2019homme politique d\u00e9crit lui-m\u00eame son village natal&nbsp;: \u00ab&nbsp;parmi les rares demeures encore habit\u00e9es au sommet de la colline se trouve notre maison. Les ruines, l\u2019abandon, le silence des \u00e2ges entourent le logis de quelques vivants. [\u2026] Je ne veux point pleurer sur mon d\u00e9sol\u00e9 pays puisqu\u2019il va revivre sous un autre aspect et reprendre son glorieux rang.&nbsp;\u00bb Par ces mots, Vincent All\u00e8gre fait allusion \u00e0 la construction projet\u00e9e du fort.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"586\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-1024x586.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-922\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-1024x586.jpg 1024w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-300x172.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-768x440.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-1536x879.jpg 1536w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-2048x1172.jpg 2048w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/art-histvx-six-four003-1140x653.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Coll Amis du P.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La famille Aycard \u00e9tait une des plus importantes de Six-Fours, plusieurs de ses membres ayant exerc\u00e9 des fonctions consulaires avant la R\u00e9volution puis si\u00e9g\u00e9 dans les Conseils municipaux de la commune apr\u00e8s 1794. Jean-Baptiste All\u00e8gre \u00e9tait lui-m\u00eame un des notables six-fournais parmi les plus impos\u00e9s dans les ann\u00e9es 1860. La notice d&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale indique que la famille de Vincent All\u00e8gre \u00e9tait l\u00e9gitimiste : il s&rsquo;agit probablement d&rsquo;une allusion \u00e0 la famille maternelle (Aycard), car Vincent All\u00e8gre indiquait lui-m\u00eame que son grand-p\u00e8re Fran\u00e7ois Paul All\u00e8gre avait \u00e9t\u00e9 inscrit dans la Garde nationale de Sanary en ao\u00fbt 1792 (discours au moment de l\u2019inauguration d\u2019un monument comm\u00e9morant la R\u00e9volution \u00e0 Bandol le 4 ao\u00fbt 1889, aupr\u00e8s de son ami le maire de la localit\u00e9, Alfred Vivien).<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent All\u00e8gre fait des \u00e9tudes de droit \u00e0 Aix, devient avocat et s&rsquo;inscrit au barreau de Toulon. Conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton de La Seyne sous l&rsquo;Empire, il est un des seuls \u00e9lus r\u00e9publicains de l&rsquo;assembl\u00e9e, de la m\u00eame fa\u00e7on que, conseiller municipal \u00e9lu de Toulon, il s&rsquo;oppose au maire de Toulon (nomm\u00e9), aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un autre avocat r\u00e9publicain \u00e9lu, No\u00ebl Blache.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la proclamation de la R\u00e9publique le 4 septembre 1870, Vincent All\u00e8gre est nomm\u00e9 maire de Toulon par le nouveau pr\u00e9fet r\u00e9publicain Paul Cotte le 30 septembre (Il remplace No\u00ebl Blache) et il le demeurera jusqu&rsquo;au 24 mai 1873, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9lection de Patrice de Mac Mahon comme Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en remplacement d&rsquo;Adolphe Thiers, entra\u00eene la formation d&rsquo;un premier minist\u00e8re de Broglie, qui se livre imm\u00e9diatement \u00e0 un remplacement massif des maires et pr\u00e9fets r\u00e9publicains par des personnalit\u00e9s plus conservatrices. A Toulon, l&rsquo;amiral Martin remplace Vincent All\u00e8gre. La p\u00e9riode 1871\/1877 est marqu\u00e9e par un conflit politique tr\u00e8s vif, au niveau national comme au niveau local, entre les conservateurs qui souhaitent un retour \u00e0 la monarchie ou au moins un r\u00e9gime de type autoritaire et pr\u00e9sidentiel (l&rsquo;Ordre moral) et les R\u00e9publicains qui s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;Eglise catholique (et notamment aux Congr\u00e9gations) et militent pour la p\u00e9rennisation des principales libert\u00e9s (de la presse, des r\u00e9unions, de l&rsquo;\u00e9lection des maires\u2026). Vincent All\u00e8gre appartient \u00e0 la famille r\u00e9publicaine, sous la houlette de L\u00e9on Gambetta.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"456\" height=\"599\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/456px-Gambetta_par_Etienne_Carjat.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-924\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/456px-Gambetta_par_Etienne_Carjat.jpg 456w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/456px-Gambetta_par_Etienne_Carjat-228x300.jpg 228w\" sizes=\"auto, (max-width: 456px) 100vw, 456px\" \/><figcaption>Gambetta  Photo Etienne Carjat<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 20 f\u00e9vrier 1876 sont un des \u00e9pisodes de ce combat. Un Congr\u00e8s r\u00e9publicain d\u00e9signe Vincent All\u00e8gre comme candidat dans la deuxi\u00e8me circonscription du Var (Toulon extra muros, qui va de Hy\u00e8res \u00e0 Saint-Cyr), mais de justesse contre Maurel, avec soup\u00e7ons de fraudes (le maire de Hy\u00e8res, Long, conteste certaines d\u00e9l\u00e9gations) et uniquement apr\u00e8s avoir promis de ne pas se pr\u00e9senter dans la premi\u00e8re circonscription (Toulon intra muros). Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, Vincent All\u00e8gre obtient 48% des suffrages au 1er tour contre Jaubert, conservateur et propri\u00e9taire \u00e0 la Crau (35%), le dissident r\u00e9publicain Long r\u00e9alisant 18%, essentiellement \u00e0 Hy\u00e8res et \u00e0 Cuers. Vincent All\u00e8gre obtient 82,4% des suffrages exprim\u00e9s dans son village natal. Il est naturellement \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 au 2\u00e8me tour. Dans cette Chambre \u00e0 majorit\u00e9 r\u00e9publicaine, Vincent All\u00e8gre se range dans les rangs gambettistes (pour l&rsquo;interdiction des Congr\u00e9gations, pour l&rsquo;\u00e9lection des maires, pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;enseignement public, pour l&rsquo;arr\u00eat des poursuites contre les Communards\u2026). Cette Chambre ne si\u00e8ge toutefois que quinze mois vu qu&rsquo;elle est dissoute le 17 mai 1877 par le Pr\u00e9sident Mac Mahon, conservateur, ce qui provoque la protestation de 363 d\u00e9put\u00e9s (dont Vincent All\u00e8gre) et une nouvelle campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/220px-Manifeste_des_363_deputes_republicains.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-925\" width=\"364\" height=\"364\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/220px-Manifeste_des_363_deputes_republicains.jpg 220w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/220px-Manifeste_des_363_deputes_republicains-150x150.jpg 150w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/220px-Manifeste_des_363_deputes_republicains-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 364px) 100vw, 364px\" \/><figcaption>Manifeste des 363<br>Wikipedia<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Celle-ci, qui doit d\u00e9cider de la nature du r\u00e9gime est extr\u00eamement violente et elle se d\u00e9roule suivant une forme tr\u00e8s particuli\u00e8re : le gouvenement conservateur limite s\u00e9v\u00e8rement la diffusion de la presse (et notamment, pour ce qui concerne la Var et Six-Fours, l&rsquo;organe des R\u00e9publicains, Le Progr\u00e8s du Var et des Basses-Alpes, interdit de vente sur la voie publique) et prohibe les r\u00e9unions publiques. Les maires \u00e9lus quelques mois plus t\u00f4t sont remplac\u00e9s par des maires conservateurs nomm\u00e9s : pour ce qui concerne Six-Fours, le maire r\u00e9publicain Jean Laurent Valentin est remplac\u00e9 par le notable Auguste Guilhon. En tant qu&rsquo;un des 363, Vincent All\u00e8gre est naturellement le candidat r\u00e9publicain face \u00e0 L\u00e9opold Gay dans la deuxi\u00e8me circonscription du Var. Le journal conservateur La Sentinelle du Midi dresse de Vincent Al\u00e8gre un portrait au vitriol dans son num\u00e9ro du 4 octobre 1877 : \u00ab&nbsp;Il est blond, il est m\u00eame blondasse, il a des gants de Su\u00e8de chocolat au lait qui se refroidit&nbsp;; et il joue avec ses gants, les \u00e9tirant, les tirant et les retirant, que c\u2019est une manie chez lui de jouer avec ses gants, (mets trois accents circonflexes sur l\u2019a de blondasse)&nbsp;; il n\u2019est pas gentil comme le tien [de candidat&nbsp;; c\u2019est un dialogue imaginaire entre deux jeunes filles], mais il est entre gentillet et gentill\u00e2tre), il serait gentillet s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas un peu bouffi sur la figure&nbsp;; il serait gentill\u00e2tre, s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas\u2026 si gentillet. Et puis il a une fa\u00e7on de remuer ses hanches, une fa\u00e7on singuli\u00e8re\u2026 Il fr\u00e9tille comme fr\u00e9tillerait un thon, qui voudrait faire l\u2019aimable. Et sa voix&nbsp;? Car il a une voix, quoi qu\u2019on en dise, puisqu\u2019il parle, sa voix est tant\u00f4t une cr\u00e9celle en fausset et tant\u00f4t une cr\u00e9celle en basse, j\u2019entrevois une calebasse qui bourdonne. [\u2026] C\u2019est que mon candidat n\u2019est d\u00e9fini en rien du tout, et ma tante a m\u00eame pr\u00e9tendu qu\u2019il \u00e9tait ind\u00e9finissable.&nbsp;\u00bb Description humoristique certes, mais au ton homophobe bien affirm\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les pressions administratives et malgr\u00e9 la bassesse des arguments utilis\u00e9s \u00e0 son encontre, Vincent All\u00e8gre est facilement r\u00e9\u00e9lu le 14 octobre 1877 : 9155 suffrages (60,1%) contre 6010 \u00e0 L\u00e9opold Gay. Il obtient ses meilleurs scores \u00e0 La Seyne (70,3% des voix ; 1425 contre 591 \u00e0 L\u00e9opold Gay) et \u00e0 Six-Fours (77,9% ; 558 contre 158). Dans la Chambre nouvellement \u00e9lue, Vincent All\u00e8gre si\u00e8ge de nouveau r\u00e9solument dans la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine qui, derri\u00e8re L\u00e9on Gambetta puis Jules Ferry, \u00e9tablira d\u00e9finitivement la R\u00e9publique. Il intervient toutefois relativement peu. A la veille du renouvellement de 1881, Jules Ferry le nomme gouverneur de la Martinique le 20 juillet 1881, ce qui entra\u00eene sa d\u00e9mission de son si\u00e8ge \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Vincent All\u00e8gre demeure Gouverneur de Martinique de 1881 \u00e0 1887. Il s&rsquo;y montre tr\u00e8s lib\u00e9ral (en tant que gouverneur, il est charg\u00e9 de la promulgation des grandes lois r\u00e9publicaines) et r\u00e9solument anti-raciste, ce qui lui vaut l&rsquo;hostilit\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e des B\u00e9k\u00e9s. Il est \u00e9lu s\u00e9nateur de la Martinique le 17 d\u00e9cembre 1882, \u00e9lection naturellement invalid\u00e9e un mois et demi plus tard. Il sera toutefois de nouveau \u00e9lu s\u00e9nateur de la Martinique le 21 octobre 1888 (apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 son poste de Gouverneur) et r\u00e9\u00e9lu le 3 janvier 1897.<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent All\u00e8gre conserve cependant ses amiti\u00e9s et ses r\u00e9seaux \u00e0 Six-Fours et dans le canton du Beausset o\u00f9 il se rend r\u00e9guli\u00e8rement, ce dont la presse ne manque jamais de se faire l&rsquo;\u00e9cho. Pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1887 par exemple, il passe quelques jours \u00e0 Six-Fours et le journal r\u00e9publicain Le Petit Var (mardi 9 ao\u00fbt 1887) ne manque pas d&rsquo;en informer ses lecteurs : \u00ab&nbsp;M.All\u00e8gre, ex-maire de Toulon et gouverneur de la Martinique, est venu aujourd\u2019hui dans notre ville pour serrer la main \u00e0 ses amis. M.All\u00e8gre, malgr\u00e9 le long s\u00e9jour qu\u2019il a fait dans les Antilles, ne parait nullement fatigu\u00e9 et a conserv\u00e9 toute la verdeur de la jeunesse. Il compte passer l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Six-Fours, son pays natal.&nbsp;\u00bb Deux jours apr\u00e8s son \u00e9lection de s\u00e9nateur de Marinique, il est t\u00e9moin du mariage de sa ni\u00e8ce, Louise Th\u00e9r\u00e8se Guis (fille de sa soeur Baptistine, qui avait \u00e9pous\u00e9 un ma\u00eetre-ma\u00e7on charg\u00e9 de la plupart des travaux publics de Six-Fours \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque) le 30 octobre 1888. Le dimanche 4 ao\u00fbt 1889, il est invit\u00e9 d&rsquo;honneur par son ami Vivien, maire de Bandol, de l&rsquo;inauguration du monument d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution et prononce un discours. Au moment des \u00e9lections l\u00e9gislatives d&rsquo;ao\u00fbt 1893, il se montre d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s actif dans la campagne aux c\u00f4t\u00e9s de son ami Alfred Vivien, candidat r\u00e9publicain mod\u00e9r\u00e9 dans le 2\u00e8me circonscription. Il intervient \u00e9galement au S\u00e9nat, \u00e0 l&rsquo;occasion, sur des affaires locales (discussions quant au trac\u00e9 des chemins de fer locaux au d\u00e9but des ann\u00e9es 1890, gr\u00e8ve aux Chantiers de La Seyne en avril 1898). Parmi ses amis proches, le docteur Loro (de la Seyne), Vivien (maire de Bandol) ou Marquery (maire de Saint-Cyr) sont des mod\u00e9r\u00e9s, oppos\u00e9s aux socialistes, de plus en plus influents dans les ann\u00e9es 1890.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9c\u00e8s de Vincent All\u00e8gre \u00e0 M\u00e8ze (H\u00e9rault), chez son fr\u00e8re, le jeudi 18 mai 1899 est donc un \u00e9v\u00e9nement consid\u00e9rable pour Six-Fours. D\u2019apr\u00e8s le court \u00e9loge prononc\u00e9 au S\u00e9nat par Armand Falli\u00e8res le 19 mai, Vincent All\u00e8gre avait \u00e9t\u00e9 y soigner une sant\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e dans un endroit au \u00ab&nbsp;climat \u00e0 peu pr\u00e8s semblable \u00e0 celui de son pays natal&nbsp;\u00bb, dont Falli\u00e8res donne le nom. La mairie de Toulon comme celle de la Seyne, mettent leurs drapeaux en berne. La R\u00e9publique du Var, qui est un journal conservateur, n&rsquo;annonce les obs\u00e8ques que dans le num\u00e9ro du lundi 22 alors que celles-ci ont eu lieu le dimanche 21. Un bref compte-rendu para\u00eet toutefois dans le num\u00e9ro du mardi 23. L\u2019enterrement a lieu le dimanche 21 mai. Le cercueil arrive \u00e0 la gare de Sanary, puis le cort\u00e8ge emprunte le pont sur la Reppe, entre \u00e0 Six-Fours par le pont de Reynier (sans doute \u00e0 la limite de Sanary, car la R\u00e9publique du Var indique que le cort\u00e8ge se forme c\u00f4t\u00e9 Sanary), passe par le quartier Audibert o\u00f9 se trouve la demeure du d\u00e9funt, monte au vieux village o\u00f9 l\u2019absoute est donn\u00e9e devant la vieille chapelle (Petit Var) ou dans la vieille paroisse (R\u00e9publique du Var).<br>Dans l\u2019assistance, Bonnerot, pr\u00e9fet du Var, Ceccaldi, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Eug\u00e8ne Simoneau, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Martinique, L\u00e9gitimus, d\u00e9put\u00e9, Micholet, 1er adjoint de Toulon, Marquery, maire de Saint-Cyr, Eug\u00e8ne S\u00e9verin Saurin, maire de Six-Fours, Alfred Vivien, maire de Bandol, le docteur Loro, de la Seyne, etc. La R\u00e9publique du Var rapporte le seul discours de Marquery, maire de Saint-Cyr, pour qui All\u00e8gre avait \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;non pas un coll\u00e8gue ordinaire, mais un guide, un ami s\u00fbr et un protecteur d\u00e9vou\u00e9.&nbsp;\u00bb Au fa\u00eete des honneurs, All\u00e8gre occupait une modeste place de conseiller municipal \u00e0 Saint-Cyr et Marquery avait encore parl\u00e9 avec lui quelques semaines avant son d\u00e9c\u00e8s. Le docteur Loro, conseiller municipal de La Seyne et m\u00e9decin des Forges&amp;Chantiers prononce \u00e9galement un discours.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Legitimus-une-autre-histoire.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-926\" width=\"312\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Legitimus-une-autre-histoire.jpg 507w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Legitimus-une-autre-histoire-300x300.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Legitimus-une-autre-histoire-150x150.jpg 150w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Legitimus-une-autre-histoire-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 312px) 100vw, 312px\" \/><figcaption>H\u00e9gesippe L\u00e9gitimus<br>Photo Coll BNF<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le Petit Var ne fait pas mention du d\u00e9put\u00e9 L\u00e9gitimus dont la pr\u00e9sence d\u00fbt pourtant faire sensation&nbsp;: le jeune homme (n\u00e9 en 1868, il n\u2019a que trente-et-un ans) \u00e9tait noir et venait d\u2019\u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de Guadeloupe sur un programme socialiste tr\u00e8s avanc\u00e9. Quant \u00e0 Eug\u00e8ne Simoneau, il a vingt-six ans (n\u00e9 en 1873), il est l&rsquo;enfant adoptif de Vincent All\u00e8gre et dit quelques mots sur la tombe. Les dossiers DataBnF indiquent qu\u2019il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre et qu\u2019il fut attach\u00e9 au Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Postes Mougeot en 1898, puis sous-pr\u00e9fet \u00e0 Sisteron en 1902, avant de muter au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de Haute-Sa\u00f4ne en 1904. Il aurait pris sa retraite en 1933 et serait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1936. Moulet et Roche, neveux de Vincent All\u00e8gre disent \u00e9galement quelques mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent All\u00e8gre est enterr\u00e9 dans un caveau priv\u00e9, dans la propri\u00e9t\u00e9 familiale pr\u00e8s du fort, au pied de la maison paternelle, celle-ci \u00ab\u00a0d\u00e9labr\u00e9e par le temps\u00a0\u00bb. Vincent All\u00e8gre n\u2019avait pas d\u2019enfant ni d\u2019\u00e9pouse au moment de son d\u00e9c\u00e8s.<br><br>Toute autre information sur la vie de Vincent All\u00e8gre serait bien sur la bienvenue&#8230;. Dans ce cas n&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 la communiquer \u00e0 notre site. <br><br><strong>Article de Gilles de Gantes<\/strong><\/p>\n    <div class=\"masteqr-postwarpper\" id=\"masteqr-wrap6a0b7639bd30e\"><div style=\"text-align:center\" id=\"masteqr-post6a0b7639bd30e\" class=\"masteqr-post\"  data-size=\"100\" data-content=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919\"><\/div><div class =\"mqrbtnalign\" style=\"    display: flex;justify-content:center\"><div style=\"width:100px;display:flex;align-items: center;justify-content: center;font-size: small\">\n                <\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Six-Fours le 7 ao\u00fbt 1835, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 M\u00e8ze (H\u00e9rault) le 18 mai 1899. Vincent All\u00e8gre est un des enfants de Six-Fours les plus connus \u00e0 la fin du XIX\u00e8me, par ses fonctions (maire de Toulon, d\u00e9put\u00e9 du Var, s\u00e9nateur de la Martinique) et par les r\u00e9seaux (familiaux, sociaux, politiques) qu&rsquo;il entretenait dans la commune et le canton. Une rue de Toulon et une rue de Bandol portent son nom. La rue All\u00e8gre de Six-Fours correspond par contre au quartier du m\u00eame nom, mais sans rapport avec Vincent All\u00e8gre, qui est six-fournais par sa m\u00e8re (une Aycard) et non par son p\u00e8re (dont la famille \u00e9tait \u00e9tablie entre Bandol, Sanary et la Cadi\u00e8re). Le p\u00e8re de Vincent All\u00e8gre, Jean Baptiste All\u00e8gre, capitaine marin, \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Bandol en 1798 o\u00f9 son p\u00e8re, Fran\u00e7ois Paul All\u00e8gre, \u00e9tait garde champ\u00eatre. Jean Baptiste All\u00e8gre s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 Six-Fours en 1831, apr\u00e8s son mariage avec Alexandrine Aycard, n\u00e9e le 25 juin 1808, de feu Jean-Antoine Aycard, canonnier de son vivant et de Genevi\u00e8ve Pourquier. Le couple s&rsquo;installa dans la maison familiale des Aycard situ\u00e9e dans le village, tout pr\u00e8s de la tour de l&rsquo;horloge et Vincent All\u00e8gre y passa son enfance avec sa grand-m\u00e8re maternelle Genevi\u00e8ve Pourquier (87 ans en 1856), ses deux soeurs, Baptistine son a\u00een\u00e9e et Cl\u00e9mence, sa cadette et son jeune fr\u00e8re (n\u00e9 en 1843). Vincent All\u00e8gre resta passionn\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 son village sa vie durant et il y fut enterr\u00e9. Au printemps 1870, un journaliste de l\u2019hebdomadaire toulonnais le Carillon (dimanche 20 mars 1870) insistait sur son attachement \u00e0 son village natal. \u00ab&nbsp;Au sommet de ce c\u00f4ne toujours \u00e9tincelant de lumi\u00e8re, qu\u2019un bouleversement a fait surgir l\u00e0 tout expr\u00e8s pour rompre la monotonie du paysage [\u2026] se trouve le manoir de ses p\u00e8res. Je le dis sans ironie&nbsp;: cette habitation est flanqu\u00e9e d\u2019une tour [\u2026] Ce qu\u2019il y a de vrai, c\u2019est qu\u2019il a une passion folle pour le nid o\u00f9 il a vu le jour.&nbsp;\u00bb En d\u00e9cembre 1874, l\u2019homme politique d\u00e9crit lui-m\u00eame son village natal&nbsp;: \u00ab&nbsp;parmi les rares demeures encore habit\u00e9es au sommet de la colline se trouve notre maison. Les ruines, l\u2019abandon, le silence des \u00e2ges entourent le logis de quelques vivants. [\u2026] Je ne veux point pleurer sur mon d\u00e9sol\u00e9 pays puisqu\u2019il va revivre sous un autre aspect et reprendre son glorieux rang.&nbsp;\u00bb Par ces mots, Vincent All\u00e8gre fait allusion \u00e0 la construction projet\u00e9e du fort. La famille Aycard \u00e9tait une des plus importantes de Six-Fours, plusieurs de ses membres ayant exerc\u00e9 des fonctions consulaires avant la R\u00e9volution puis si\u00e9g\u00e9 dans les Conseils municipaux de la commune apr\u00e8s 1794. Jean-Baptiste All\u00e8gre \u00e9tait lui-m\u00eame un des notables six-fournais parmi les plus impos\u00e9s dans les ann\u00e9es 1860. La notice d&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale indique que la famille de Vincent All\u00e8gre \u00e9tait l\u00e9gitimiste : il s&rsquo;agit probablement d&rsquo;une allusion \u00e0 la famille maternelle (Aycard), car Vincent All\u00e8gre indiquait lui-m\u00eame que son grand-p\u00e8re Fran\u00e7ois Paul All\u00e8gre avait \u00e9t\u00e9 inscrit dans la Garde nationale de Sanary en ao\u00fbt 1792 (discours au moment de l\u2019inauguration d\u2019un monument comm\u00e9morant la R\u00e9volution \u00e0 Bandol le 4 ao\u00fbt 1889, aupr\u00e8s de son ami le maire de la localit\u00e9, Alfred Vivien). Vincent All\u00e8gre fait des \u00e9tudes de droit \u00e0 Aix, devient avocat et s&rsquo;inscrit au barreau de Toulon. Conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton de La Seyne sous l&rsquo;Empire, il est un des seuls \u00e9lus r\u00e9publicains de l&rsquo;assembl\u00e9e, de la m\u00eame fa\u00e7on que, conseiller municipal \u00e9lu de Toulon, il s&rsquo;oppose au maire de Toulon (nomm\u00e9), aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;un autre avocat r\u00e9publicain \u00e9lu, No\u00ebl Blache. Apr\u00e8s la proclamation de la R\u00e9publique le 4 septembre 1870, Vincent All\u00e8gre est nomm\u00e9 maire de Toulon par le nouveau pr\u00e9fet r\u00e9publicain Paul Cotte le 30 septembre (Il remplace No\u00ebl Blache) et il le demeurera jusqu&rsquo;au 24 mai 1873, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9lection de Patrice de Mac Mahon comme Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en remplacement d&rsquo;Adolphe Thiers, entra\u00eene la formation d&rsquo;un premier minist\u00e8re de Broglie, qui se livre imm\u00e9diatement \u00e0 un remplacement massif des maires et pr\u00e9fets r\u00e9publicains par des personnalit\u00e9s plus conservatrices. A Toulon, l&rsquo;amiral Martin remplace Vincent All\u00e8gre. La p\u00e9riode 1871\/1877 est marqu\u00e9e par un conflit politique tr\u00e8s vif, au niveau national comme au niveau local, entre les conservateurs qui souhaitent un retour \u00e0 la monarchie ou au moins un r\u00e9gime de type autoritaire et pr\u00e9sidentiel (l&rsquo;Ordre moral) et les R\u00e9publicains qui s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;Eglise catholique (et notamment aux Congr\u00e9gations) et militent pour la p\u00e9rennisation des principales libert\u00e9s (de la presse, des r\u00e9unions, de l&rsquo;\u00e9lection des maires\u2026). Vincent All\u00e8gre appartient \u00e0 la famille r\u00e9publicaine, sous la houlette de L\u00e9on Gambetta. Les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 20 f\u00e9vrier 1876 sont un des \u00e9pisodes de ce combat. Un Congr\u00e8s r\u00e9publicain d\u00e9signe Vincent All\u00e8gre comme candidat dans la deuxi\u00e8me circonscription du Var (Toulon extra muros, qui va de Hy\u00e8res \u00e0 Saint-Cyr), mais de justesse contre Maurel, avec soup\u00e7ons de fraudes (le maire de Hy\u00e8res, Long, conteste certaines d\u00e9l\u00e9gations) et uniquement apr\u00e8s avoir promis de ne pas se pr\u00e9senter dans la premi\u00e8re circonscription (Toulon intra muros). Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives, Vincent All\u00e8gre obtient 48% des suffrages au 1er tour contre Jaubert, conservateur et propri\u00e9taire \u00e0 la Crau (35%), le dissident r\u00e9publicain Long r\u00e9alisant 18%, essentiellement \u00e0 Hy\u00e8res et \u00e0 Cuers. Vincent All\u00e8gre obtient 82,4% des suffrages exprim\u00e9s dans son village natal. Il est naturellement \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 au 2\u00e8me tour. Dans cette Chambre \u00e0 majorit\u00e9 r\u00e9publicaine, Vincent All\u00e8gre se range dans les rangs gambettistes (pour l&rsquo;interdiction des Congr\u00e9gations, pour l&rsquo;\u00e9lection des maires, pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;enseignement public, pour l&rsquo;arr\u00eat des poursuites contre les Communards\u2026). Cette Chambre ne si\u00e8ge toutefois que quinze mois vu qu&rsquo;elle est dissoute le 17 mai 1877 par le Pr\u00e9sident Mac Mahon, conservateur, ce qui provoque la protestation de 363 d\u00e9put\u00e9s (dont Vincent All\u00e8gre) et une nouvelle campagne \u00e9lectorale. Celle-ci, qui doit d\u00e9cider de la nature du r\u00e9gime est extr\u00eamement violente et elle se d\u00e9roule suivant une forme tr\u00e8s particuli\u00e8re : le gouvenement conservateur limite s\u00e9v\u00e8rement la diffusion de la presse (et notamment, pour ce qui concerne la Var et Six-Fours, l&rsquo;organe des R\u00e9publicains, Le Progr\u00e8s du Var et des Basses-Alpes, interdit de vente sur la voie publique) et prohibe les r\u00e9unions publiques. Les maires \u00e9lus quelques mois plus t\u00f4t sont remplac\u00e9s par des maires conservateurs nomm\u00e9s : pour ce qui concerne Six-Fours, le maire r\u00e9publicain Jean Laurent Valentin est remplac\u00e9 par le notable Auguste Guilhon. En tant qu&rsquo;un des 363, Vincent All\u00e8gre est naturellement le candidat r\u00e9publicain face \u00e0 L\u00e9opold Gay dans la deuxi\u00e8me circonscription du Var. Le journal conservateur La Sentinelle du Midi dresse de Vincent Al\u00e8gre un portrait au vitriol dans son num\u00e9ro du 4 octobre 1877 : \u00ab&nbsp;Il est blond, il est m\u00eame blondasse, il a des gants de Su\u00e8de chocolat au lait qui se refroidit&nbsp;; et il joue avec ses gants, les \u00e9tirant, les tirant et les retirant, que c\u2019est une manie chez lui de jouer avec ses gants, (mets trois accents circonflexes sur l\u2019a de blondasse)&nbsp;; il n\u2019est pas gentil comme le tien [de candidat&nbsp;; c\u2019est un dialogue imaginaire entre deux jeunes filles], mais il est entre gentillet et gentill\u00e2tre), il serait gentillet s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas un peu bouffi sur la figure&nbsp;; il serait gentill\u00e2tre, s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas\u2026 si gentillet. Et puis il a une fa\u00e7on de remuer ses hanches, une fa\u00e7on singuli\u00e8re\u2026 Il fr\u00e9tille comme fr\u00e9tillerait un thon, qui voudrait faire l\u2019aimable. Et sa voix&nbsp;? Car il a une voix, quoi qu\u2019on en dise, puisqu\u2019il parle, sa voix est tant\u00f4t une cr\u00e9celle en fausset et tant\u00f4t une cr\u00e9celle en basse, j\u2019entrevois une calebasse qui bourdonne. [\u2026] C\u2019est que mon candidat n\u2019est d\u00e9fini en rien du tout, et ma tante a m\u00eame pr\u00e9tendu qu\u2019il \u00e9tait ind\u00e9finissable.&nbsp;\u00bb Description humoristique certes, mais au ton homophobe bien affirm\u00e9\u2026 Malgr\u00e9 les pressions administratives et malgr\u00e9 la bassesse des arguments utilis\u00e9s \u00e0 son encontre, Vincent All\u00e8gre est facilement r\u00e9\u00e9lu le 14 octobre 1877 : 9155 suffrages (60,1%) contre 6010 \u00e0 L\u00e9opold Gay. Il obtient ses meilleurs scores \u00e0 La Seyne (70,3% des voix ; 1425 contre 591 \u00e0 L\u00e9opold Gay) et \u00e0 Six-Fours (77,9% ; 558 contre 158). Dans la Chambre nouvellement \u00e9lue, Vincent All\u00e8gre si\u00e8ge de nouveau r\u00e9solument dans la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine qui, derri\u00e8re L\u00e9on Gambetta puis Jules Ferry, \u00e9tablira d\u00e9finitivement la R\u00e9publique. Il intervient toutefois relativement peu. A la veille du renouvellement de 1881, Jules Ferry le nomme gouverneur de la Martinique le 20 juillet 1881, ce qui entra\u00eene sa d\u00e9mission de son si\u00e8ge \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. Vincent All\u00e8gre demeure Gouverneur de Martinique de 1881 \u00e0 1887. Il s&rsquo;y montre tr\u00e8s lib\u00e9ral (en tant que gouverneur, il est charg\u00e9 de la promulgation des grandes lois r\u00e9publicaines) et r\u00e9solument anti-raciste, ce qui lui vaut l&rsquo;hostilit\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e des B\u00e9k\u00e9s. Il est \u00e9lu s\u00e9nateur de la Martinique le 17 d\u00e9cembre 1882, \u00e9lection naturellement invalid\u00e9e un mois et demi plus tard. Il sera toutefois de nouveau \u00e9lu s\u00e9nateur de la Martinique le 21 octobre 1888 (apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 son poste de Gouverneur) et r\u00e9\u00e9lu le 3 janvier 1897. Vincent All\u00e8gre conserve cependant ses amiti\u00e9s et ses r\u00e9seaux \u00e0 Six-Fours et dans le canton du Beausset o\u00f9 il se rend r\u00e9guli\u00e8rement, ce dont la presse ne manque jamais de se faire l&rsquo;\u00e9cho. Pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1887 par exemple, il passe quelques jours \u00e0 Six-Fours et le journal r\u00e9publicain Le Petit Var (mardi 9 ao\u00fbt 1887) ne manque pas d&rsquo;en informer ses lecteurs : \u00ab&nbsp;M.All\u00e8gre, ex-maire de Toulon et gouverneur de la Martinique, est venu aujourd\u2019hui dans notre ville pour serrer la main \u00e0 ses amis. M.All\u00e8gre, malgr\u00e9 le long s\u00e9jour qu\u2019il a fait dans les Antilles, ne parait nullement fatigu\u00e9 et a conserv\u00e9 toute la verdeur de la jeunesse. Il compte passer l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 Six-Fours, son pays natal.&nbsp;\u00bb Deux jours apr\u00e8s son \u00e9lection de s\u00e9nateur de Marinique, il est t\u00e9moin du mariage de sa ni\u00e8ce, Louise Th\u00e9r\u00e8se Guis (fille de sa soeur Baptistine, qui avait \u00e9pous\u00e9 un ma\u00eetre-ma\u00e7on charg\u00e9 de la plupart des travaux publics de Six-Fours \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque) le 30 octobre 1888. Le dimanche 4 ao\u00fbt 1889, il est invit\u00e9 d&rsquo;honneur par son ami Vivien, maire de Bandol, de l&rsquo;inauguration du monument d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution et prononce un discours. Au moment des \u00e9lections l\u00e9gislatives d&rsquo;ao\u00fbt 1893, il se montre d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s actif dans la campagne aux c\u00f4t\u00e9s de son ami Alfred Vivien, candidat r\u00e9publicain mod\u00e9r\u00e9 dans le 2\u00e8me circonscription. Il intervient \u00e9galement au S\u00e9nat, \u00e0 l&rsquo;occasion, sur des affaires locales (discussions quant au trac\u00e9 des chemins de fer locaux au d\u00e9but des ann\u00e9es 1890, gr\u00e8ve aux Chantiers de La Seyne en avril 1898). Parmi ses amis proches, le docteur Loro (de la Seyne), Vivien (maire de Bandol) ou Marquery (maire de Saint-Cyr) sont des mod\u00e9r\u00e9s, oppos\u00e9s aux socialistes, de plus en plus influents dans les ann\u00e9es 1890. Le d\u00e9c\u00e8s de Vincent All\u00e8gre \u00e0 M\u00e8ze (H\u00e9rault), chez son fr\u00e8re, le jeudi 18 mai 1899 est donc un \u00e9v\u00e9nement consid\u00e9rable pour Six-Fours. D\u2019apr\u00e8s le court \u00e9loge prononc\u00e9 au S\u00e9nat par Armand Falli\u00e8res le 19 mai, Vincent All\u00e8gre avait \u00e9t\u00e9 y soigner une sant\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e dans un endroit au \u00ab&nbsp;climat \u00e0 peu pr\u00e8s semblable \u00e0 celui de son pays natal&nbsp;\u00bb, dont Falli\u00e8res donne le nom. La mairie de Toulon comme celle de la Seyne, mettent leurs drapeaux en berne. La R\u00e9publique du Var, qui est un journal conservateur, n&rsquo;annonce les obs\u00e8ques que dans le num\u00e9ro du lundi 22 alors que celles-ci ont eu lieu le dimanche 21. Un bref compte-rendu para\u00eet toutefois dans le num\u00e9ro du mardi 23. L\u2019enterrement a lieu le dimanche 21 mai. Le cercueil arrive \u00e0 la gare de Sanary, puis le cort\u00e8ge emprunte le pont sur la Reppe, entre \u00e0 Six-Fours par le pont de Reynier (sans doute \u00e0 la limite de Sanary, car la R\u00e9publique du Var indique que le cort\u00e8ge se forme c\u00f4t\u00e9 Sanary), passe par le quartier Audibert o\u00f9 se trouve la demeure du d\u00e9funt, monte au vieux village o\u00f9 l\u2019absoute est donn\u00e9e devant la vieille chapelle (Petit Var) ou dans la vieille paroisse (R\u00e9publique du Var).Dans l\u2019assistance, Bonnerot, pr\u00e9fet du Var, Ceccaldi, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Eug\u00e8ne Simoneau, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Martinique, L\u00e9gitimus, d\u00e9put\u00e9, Micholet, 1er adjoint de Toulon, Marquery, maire de Saint-Cyr, Eug\u00e8ne S\u00e9verin&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,26],"tags":[70],"class_list":["post-919","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-approfondir","category-nos-articles","tag-personnalite-six-fournaise"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=919"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":943,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919\/revisions\/943"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}