{"id":297,"date":"2021-04-25T19:36:01","date_gmt":"2021-04-25T17:36:01","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/?p=297"},"modified":"2021-08-17T15:58:46","modified_gmt":"2021-08-17T13:58:46","slug":"la-seconde-guerre-mondiale-a-six-fours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/index.php\/2021\/04\/25\/la-seconde-guerre-mondiale-a-six-fours\/","title":{"rendered":"La Seconde Guerre Mondiale \u00e0 Six-Fours : une commune dans la tourmente (septembre 1939- ao\u00fbt 1944)"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Auteurs : Jacqueline Viollet-Repetto et Claude Majastre <\/strong><a href=\"#_ftn1\" data-type=\"internal\">[1]<\/a><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-343\" width=\"846\" height=\"1322\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1.jpg 1128w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1-192x300.jpg 192w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1-656x1024.jpg 656w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1-768x1200.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/VueAV_Robert-edited-1-983x1536.jpg 983w\" sizes=\"auto, (max-width: 846px) 100vw, 846px\" \/><figcaption><strong>Fig. 1<\/strong>&nbsp;&#8211; Photographie a\u00e9rienne du village de Six-Fours prise par le capitaine Jean Robert en 1939. (Photo Jean Pierre Robert)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En 1939, Six-Fours La Plage compte environ&nbsp;4000 habitants. C\u2019est une commune essentiellement agricole (vignes, cultures mara\u00eech\u00e8res l\u2019\u00e9t\u00e9 et florales l\u2019hiver) o\u00f9 vivent, cependant, un grand nombre d\u2019ouvriers travaillant \u00e0 l\u2019arsenal de Toulon ou aux Forges et Chantiers de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. De la mobilisation \u00e0 la signature de l\u2019armistice&nbsp;(ao\u00fbt 1939 &#8211; juin 1940)<\/h2>\n\n\n\n<p>Le 1<sup>er<\/sup> septembre 1939, l\u2019invasion de la Pologne par les troupes allemandes sonne le glas de la paix. L\u2019ordre de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale est donn\u00e9. Tandis que le Royaume-Uni et la France d\u00e9clarent la guerre \u00e0 l\u2019Allemagne le 3 septembre, le Var est plac\u00e9 dans la zone des arm\u00e9es et Six-Fours fait partie du camp retranch\u00e9 de Toulon<a href=\"#_ftn2\"> <strong>[2]<\/strong><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le registre de correspondances adress\u00e9es par la municipalit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9fecture <a href=\"#_ftn3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>&nbsp;traduit bien l\u2019atmosph\u00e8re des premiers mois de guerre. L\u2019heure est \u00e0 la d\u00e9fensive et \u00e0 la suspicion.<\/p>\n\n\n\n<p>Les attaques a\u00e9riennes et l\u2019utilisation des gaz sont particuli\u00e8rement redout\u00e9es <a href=\"#_ftn4\"><strong>[4]<\/strong><\/a>. L&rsquo;arr\u00eat\u00e9 municipal concernant les mesures \u00e0 prendre pour la protection individuelle en cas de menace de bombardement a\u00e9rien, l&rsquo;achat de masques \u00e0 gaz <a href=\"#_ftn5\"><strong>[5]<\/strong><\/a> et l&rsquo;organisation de la d\u00e9fense passive, en charge de la protection civile et confi\u00e9e au sergent de ville Romain Jauffret, comptent parmi les premi\u00e8res mesures prises par la municipalit\u00e9 de gauche dirig\u00e9e par Eug\u00e8ne Montagne <a href=\"#_ftn6\"><strong>[6]<\/strong><\/a>. Les premi\u00e8res r\u00e9quisitions ont lieu pour le compte des autorit\u00e9s militaires&nbsp;: automobiles, immeubles, comme par exemple <em>Le Rayon de soleil<\/em>&nbsp;d\u00e8s le 9 septembre pour un officier&nbsp;et le cantonnement de 17 personnes, ou encore maisons individuelles pour loger des soldats. Mais, si l\u2019\u00e9motion est \u00e0 son comble en cette fin d\u2019\u00e9t\u00e9, elle s\u2019\u00e9mousse progressivement au cours des mois suivants. Le danger semble s\u2019\u00e9loigner. Ce sentiment est partag\u00e9 par beaucoup, y compris par de nombreux responsables politiques. Le maire s\u2019en \u00e9meut. D\u00e9but d\u00e9cembre 1939, une affiche de mobilisation tch\u00e9coslovaque est placard\u00e9e \u00e0 la porte de la mairie. Le maire r\u00e9pond tr\u00e8s favorablement \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer les demandes de naturalisation en vue d\u2019\u00eatre enr\u00f4l\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il estime pouvoir pr\u00e9senter les dossiers de 20 \u00e0 30 hommes. Mais il d\u00e9chante rapidement en constatant que ces dossiers reviennent accompagn\u00e9s de notices de renseignements confidentiels comme s\u2019il s\u2019agissait de demandes ordinaires de naturalisations. <em>\u00ab&nbsp;En bons Fran\u00e7ais,<\/em> &#8212; d\u00e9clare-t-il &#8212;<em> nous regrettons, mes collaborateurs et moi, de voir ainsi mettre un frein \u00e0 la volont\u00e9 qu\u2019ont certains \u00e9trangers de venir combattre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nos fils&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9fiance est \u00e0 l\u2019ordre du jour. Les communistes et les \u00e9trangers \u00e0 la commune en font particuli\u00e8rement les frais.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les effets du pacte germano-sovi\u00e9tique sign\u00e9 le 23 ao\u00fbt 1939 perdurent. Apr\u00e8s la dissolution du parti communiste et l\u2019arrestation de ses deux d\u00e9put\u00e9s du Var, les militants signal\u00e9s font l\u2019objet d\u2019enqu\u00eates ordonn\u00e9es par la pr\u00e9fecture. Fin novembre 1939, en r\u00e9ponse \u00e0 une lettre du pr\u00e9fet, le maire certifie que \u00ab&nbsp;<em>L\u00e9ger Paul, domicili\u00e9 au quartier de la Reppe, \u00e9tait inscrit au PC o\u00f9 il \u00e9tait un des principaux membres actifs&nbsp;<\/em>\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019une grande partie des membres du PCF fr\u00e9quentant le bar Bonnus sont mobilis\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019espionnite&nbsp;\u00bb s\u00e9vit. Plusieurs rapports de police font \u00e9tat de lettres de d\u00e9nonciations. \u00ab&nbsp;<em>Mme M. demeurant au hameau du Brusc m\u2019a inform\u00e9 <\/em>\u2013 d\u00e9clare le commissaire de police &#8212;<em> que deux individus se disant r\u00e9fugi\u00e9s polonais et demeurant au Brusc lui ont paru suspects du point de vue national. Il y a quelques jours les deux personnages susdits \u00e0 l\u2019aide d\u2019une jumelle puissante avaient l\u2019air de s\u2019int\u00e9resser aux \u00e9volutions d\u2019un bateau dans le genre de ceux de Tamaris et qui se trouvait dans les eaux de la rade du Brusc<\/em>&#8230;&nbsp;\u00bb Les Italiens, tr\u00e8s nombreux dans le Var &#8211; quarante-cinq mille &#8211; et dans la commune sont particuli\u00e8rement suspect\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des mois, comme l\u2019ensemble des Fran\u00e7ais, les Six-Fournais s\u2019installent dans une passivit\u00e9 r\u00e9sign\u00e9e. Ils sont confront\u00e9s aux&nbsp; premi\u00e8res difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement. En janvier 1940, la commune manque compl\u00e8tement de bois et de charbon, les \u00e9coles ne peuvent plus \u00eatre chauff\u00e9es. Les restrictions s\u2019\u00e9tendent \u00e0 de nombreux produits, alcool, essence, viande et, au printemps 1940, une soupe gratuite est distribu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole du Brusc.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019invasion de la France par l\u2019arm\u00e9e allemande en mai 1940&nbsp; et \u00ab&nbsp;le coup de poignard dans le dos&nbsp;\u00bb que constitue la d\u00e9claration de guerre de l\u2019Italie \u00e0 la France le 10 juin provoquent dans le Var, comme ailleurs, un sursaut, de courte dur\u00e9e cependant. Le pr\u00e9fet adresse au maire, en mai 1940, une circulaire l\u2019invitant \u00e0 constituer un groupe de gardes civiques afin de prot\u00e9ger la population. La r\u00e9ponse faite par le maire laisse peu de doute sur l\u2019efficacit\u00e9 de cette mesure : \u00ab&nbsp; <em>devan\u00e7ant toutes les instructions, nous avons song\u00e9 d\u00e8s les premiers jours de la guerre \u00e0 surveiller les infractions sur l\u2019\u00e9clairage, les r\u00e9coltes laiss\u00e9es sur pied par les mobilis\u00e9s, les fermes isol\u00e9es, les personnages inconnus dans la commune ou paraissant suspects. Nous avons \u00e9t\u00e9 une des rares communes \u00e0 constituer cette police suppl\u00e9mentaire \u00e0 compter du commencement de septembre. Les hommes \u00e9taient munis de brassards et arm\u00e9s d\u2019un fusil de chasse qui, \u00e0 ce moment, nous paraissait suffisant. Vous conformant aux r\u00e8glements, vous nous avez fait savoir que \u00ab&nbsp;vous n\u2019\u00e9tiez pas partisan d\u2019armer les policiers civiques&nbsp;\u00bb, nous avons aussit\u00f4t avis\u00e9 nos volontaires et les avons pri\u00e9s d\u2019effectuer leurs rondes sans armes. Ne voulant pas exposer leur vie, les volontaires ont abandonn\u00e9 la t\u00e2che qu\u2019ils avaient librement accept\u00e9e. Leur nombre alla en d\u00e9croissant et finit par tomber \u00e0 z\u00e9ro au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Leur chef, M. Quin, commissaire central de police en retraite nous a avou\u00e9 qu\u2019ils \u00e9taient d\u00e9courag\u00e9s\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9couragement s\u2019accompagne d\u2019une m\u00e9fiance&nbsp; accrue \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Italiens r\u00e9sidant dans la commune. Plusieurs rapports de police font \u00e9tat de d\u00e9nonciations de propos favorables \u00e0 Mussolini ou de propos d\u00e9faitistes. Un individu domicili\u00e9 au Brusc, d\u2019origine italienne, naturalis\u00e9, est accus\u00e9 d\u2019\u00eatre un espion \u00e0 la solde de l\u2019Italie. <a href=\"#_ftn7\"><strong>[7]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les attaques a\u00e9riennes italiennes sur Toulon et sa r\u00e9gion \u00e0 partir du 12 juin 1940 accentuent l\u2019italophobie de certains. Lointaine jusqu\u2019alors, la guerre touche brutalement la r\u00e9gion. Le 12 juin, en effet, vers 22h30, trois avions italiens survolent la r\u00e9gion toulonnaise. La DCA r\u00e9agit violemment : un des avions aurait \u00e9t\u00e9 vu tombant \u00e0 la mer au sud de Sanary. Un peu plus tard dans la nuit, d\u2019autres bombardiers italiens attaquent le terrain d\u2019aviation Le Palyvestre de Hy\u00e8res et l\u2019usine de torpilles de Saint-Tropez. Le 13, dix-sept bombardiers attaquent le port de Toulon. A nouveau, la DCA disperse la formation et les bombes l\u00e2ch\u00e9es au hasard ne font que peu de d\u00e9g\u00e2ts. Le 15, les terrains d\u2019aviation de Cuers et du Luc sont \u00e0 leur tour attaqu\u00e9s par 23 bombardiers italiens escort\u00e9s de 15 chasseurs. Le second ma\u00eetre Le Bihan <a href=\"#_ftn8\"><strong>[8]<\/strong><\/a> de l\u2019escadrille AC3 bas\u00e9e \u00e0 Cuers-Pierrefeu jette son avion, un Bloch 151<a href=\"#_ftn9\"><strong>[9]<\/strong><\/a>,&nbsp; sur l\u2019ennemi. Il d\u00e9c\u00e9dera dans la soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9vacuation de la population civile de Toulon est ordonn\u00e9e le 20. Le lendemain, un avion italien jette cinq bombes sur les salins d\u2019Hy\u00e8res. A Six-Fours, gr\u00e2ce \u00e0 ses quatre batteries anti-a\u00e9riennes \u00e9quip\u00e9es de canons de 90 mm, le fort participe activement \u00e0 la d\u00e9fense a\u00e9rienne de la zone portuaire de Toulon. Jean Ainardi semble \u00eatre la premi\u00e8re victime civile <a href=\"#_ftn10\"><strong>[10]<\/strong><\/a> de ces combats sur la commune. <em>Le Petit Var<\/em>,&nbsp; journal de la r\u00e9gion, \u00e9crit&nbsp;dans son num\u00e9ro du 24 juin : \u00ab&nbsp;<em>hier \u00e0 17 heures ont eu lieu les obs\u00e8ques de monsieur Jean Ainardi \u00e2g\u00e9 de 71 ans. Ces jours-ci alors que la DCA s\u2019opposait par des tirs de barrage aux attaques de l\u2019aviation ennemie, monsieur Ainardi s\u2019aventure dans son jardin potager, malgr\u00e9 les supplications de son entourage. Le tir devenant plus intense le septuag\u00e9naire se jeta \u00e0 terre \u00e0 plat ventre&nbsp;; quelques instants apr\u00e8s il \u00e9tait bless\u00e9 par plusieurs \u00e9clats d\u2019obus et d\u00e9c\u00e9dait deux jours apr\u00e8s au milieu de cruelles souffrances&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres victimes, militaires celles-l\u00e0, sont \u00e0 d\u00e9plorer. C\u2019est le cas par exemple du capitaine Jean Robert, engag\u00e9 dans les combats se d\u00e9roulant au Nord de la France en mai-juin 1940. <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn11\"><strong>[11]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tandis que le 17 juin <em>Le Petit Va<\/em>r titre triomphalement&nbsp;(et sans doute exag\u00e9r\u00e9ment) \u00ab&nbsp;Onze appareils italiens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits&nbsp;\u00bb, le nouveau gouvernement pr\u00e9sid\u00e9 par le mar\u00e9chal P\u00e9tain demande l\u2019armistice, sign\u00e9 le 22 juin avec l\u2019Allemagne et le 24 avec l\u2019Italie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. Au temps du r\u00e9gime de Vichy et de la zone libre&nbsp;(fin juin 1940 &#8211; novembre 1942)<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Travail, Famille, Patrie&nbsp;\u00bb&nbsp;: l\u2019heure est d\u00e9sormais \u00e0 la R\u00e9volution nationale engag\u00e9e par le gouvernement de Vichy.<\/p>\n\n\n\n<p>La municipalit\u00e9, de gauche, ne tarde pas \u00e0 en faire les frais. D\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, une lettre anonyme concernant la gestion de la commune est adress\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9fecture. Peu apr\u00e8s, une enqu\u00eate de police est conduite, disculpant la municipalit\u00e9. Au printemps 1941, la L\u00e9gion des Combattants r\u00e9clame la d\u00e9mission des \u00ab\u00a0municipalit\u00e9s ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb (dont celle de Six-fours) et leur remplacement. En mars 1941, le maire adresse ce courrier au chef de la L\u00e9gion des Combattants de Six-Fours&nbsp;: \u00ab<em> Il me revient de plusieurs c\u00f4t\u00e9s que certains l\u00e9gionnaires formuleraient publiquement des attaques touchant l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de certains membres de la municipalit\u00e9 que j\u2019ai l\u2019honneur de pr\u00e9sider. Je me permets de vous soumettre l\u2019id\u00e9e de la cr\u00e9ation d\u2019un tribunal d\u2019honneur sp\u00e9cial aux l\u00e9gionnaires et dont les avis seraient assortis des sanctions n\u00e9cessaires allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019exclusion de ceux qui ne pas dignes de figurer dans une assembl\u00e9e d\u2019honn\u00eates gens. Bien entendu ce tribunal ne statuerait que sur les attaques dirig\u00e9es contre les membres du conseil municipal appartenant \u00e0 la L\u00e9gion.<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn12\">[12]<\/a>&nbsp; Les relations se tendent de plus en plus entre la L\u00e9gion et la municipalit\u00e9, accus\u00e9e de faire de la propagande gaulliste. A la fin du mois de juin 1941, les membres du conseil municipal adressent leur d\u00e9mission au sous-pr\u00e9fet consid\u00e9rant \u00eatre \u00ab<em>&nbsp;parvenus au terme de notre mandat.<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn13\"><strong>[13]<\/strong><\/a> Une nouvelle municipalit\u00e9 est nomm\u00e9e par le pr\u00e9fet, dirig\u00e9e par Jules Marquand, un capitaine d\u2019artillerie en retraite, \u00e2g\u00e9 de 56 ans. <a href=\"#_ftn14\"><strong>[14]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La famille est \u00e0 l\u2019honneur. La Croix de la famille fran\u00e7aise est remise \u00e0 une m\u00e8re de famille, au nom du mar\u00e9chal P\u00e9tain, devant les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole de la Coudouri\u00e8re en mai 1941. Les valeurs sportives sont exalt\u00e9es. D\u00e8s septembre 1940, la d\u00e9cision est prise d\u2019am\u00e9nager des terrains de sport pour les \u00e9coles de la commune. En ao\u00fbt 1941, la municipalit\u00e9 Marquand d\u00e9lib\u00e8re sur la d\u00e9nomination des places. Et dans sa s\u00e9ance du 9, \u00ab&nbsp;<em>le Conseil municipal se rangeant \u00e0 l\u2019avis de son Pr\u00e9sident sollicite \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 de l\u2019administration sup\u00e9rieure l\u2019autorisation de&nbsp;: 1\u00b0 transf\u00e9rer le nom de place \u00ab&nbsp;Mar\u00e9chal P\u00e9tain&nbsp;\u00bb \u00e0 la place Jean Jaur\u00e8s&nbsp;; 2\u00b0 de donner le nom de \u00ab&nbsp;Place Jean Mermoz&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019ex-Salle Verte.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les retomb\u00e9es de la politique d\u2019exclusion conduite par Vichy se manifestent \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle communale. En juin 1941, une circulaire est adress\u00e9e au maire afin de constituer une liste de juifs en pr\u00e9alable au recensement officiel du 19 juillet. La chasse aux communistes reste d\u2019actualit\u00e9. Fin 1942, est conduite une nouvelle enqu\u00eate de police concernant leur activit\u00e9 dans la commune. Deux personnes sont suspect\u00e9es d\u2019\u00eatre des indicateurs communistes. Mais apr\u00e8s enqu\u00eate, elles sont innocent\u00e9es. <a href=\"#_ftn15\"><strong>[15]<\/strong><\/a> Face \u00e0 ces mesures, peu de signes tangibles de r\u00e9sistance apparaissent. Quelques tracts communistes&nbsp;sont distribu\u00e9s sur le territoire de la commune, fin 1941 notamment. L\u2019un, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>Sauvons M\u00e9rot<\/em>&nbsp;<a href=\"#_ftn16\"><\/a>\u00bb est distribu\u00e9 \u00e0 Reynier en novembre <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>, l\u2019autre, titrant \u00ab&nbsp;<em>On assassine les patriotes<\/em>&nbsp;\u00bb, est distribu\u00e9 au quartier de La Sardine en d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur du rationnement au mois d\u2019ao\u00fbt 1940,&nbsp; l\u2019une des pr\u00e9occupations majeures des Six-Fournais concerne le ravitaillement. D\u00e8s cette date, d\u2019ailleurs, le maire signale au pr\u00e9fet&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les habitants sont au courant de ce qu\u2019ils doivent faire pour obtenir la ration qui leur revient, mais un grave inconv\u00e9nient surgit&nbsp;: ils se pr\u00e9sentent chez les fournisseurs qui sont souvent dans l\u2019impossibilit\u00e9 de faire la d\u00e9livrance faute de marchandises\u2026&nbsp;\u00bb <\/em>Les difficult\u00e9s sont aggrav\u00e9es au mois de novembre 1940, par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019environ 200 r\u00e9fugi\u00e9s en provenance de Menton. Dans une lettre adress\u00e9e au directeur d\u00e9partemental du ravitaillement, le maire r\u00e9clame du son, de l\u2019avoine, de la paille destin\u00e9s au b\u00e9tail et animaux de ferme, \u00ab&nbsp;<em>les chevaux ne pouvant plus fournir le travail demand\u00e9 par la culture. Les vaches ne donnent plus la quantit\u00e9 de lait habituelle.<\/em>&nbsp;\u00bb<em> <\/em>Une circulaire relative au recensement des terres abandonn\u00e9es est adress\u00e9e en d\u00e9cembre 1940 par la pr\u00e9fecture au maire, \u00e0 laquelle ce dernier r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>celles-ci sont de tr\u00e8s faibles \u00e9tendues \u00e0 l\u2019exception de celles appartenant \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Tuileries de Romain Boyer. Celle-ci a pris l\u2019engagement de mettre d\u00e8s cette ann\u00e9e en cultures toutes les terres lui appartenant. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale tous les propri\u00e9taires ont les m\u00eames intentions sous r\u00e9serve d\u2019obtenir les semences n\u00e9cessaires.<\/em>&nbsp;\u00bb<em> <\/em>Au fil des mois, la situation \u00e9conomique de la commune se d\u00e9grade, \u00e0 tel point qu\u2019en janvier 1942 se d\u00e9roulent \u00e0 Six-Fours des manifestations de m\u00e9nag\u00e8res contre les insuffisances du ravitaillement. <a href=\"#_ftn17\"><strong>[17]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La municipalit\u00e9 en place depuis ao\u00fbt 1941 semble progressivement se diviser. Entre juin \u00e0 novembre 1942, plusieurs conseillers municipaux d\u00e9missionnent. Les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par les Six-Fournais jusqu\u2019\u00e0 l\u2019automne 1942 sont cependant sans aucune commune mesure avec ceux qui les attendent \u00e0 partir du mois de novembre de cette m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. L\u2019Occupation&nbsp;(novembre 1942 &#8211; ao\u00fbt 1944)<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3.1. La Premi\u00e8re Occupation allemande&nbsp;(fin novembre &#8211; mi d\u00e9cembre 1942<\/strong>)<\/h3>\n\n\n\n<p>A la suite du d\u00e9barquement anglo-am\u00e9ricain en Afrique du Nord, les troupes allemandes envahissent la zone libre le 11 novembre 1942. Mais Six-Fours, on l\u2019a dit, fait partie du camp retranch\u00e9 de Toulon. Avec l\u2019appui de la Marine allemande et le soutien de Vichy, les chefs de la Marine de Toulon (le pr\u00e9fet maritime, Marquis, et le commandant de la Force de Haute Mer, de Laborde) ont obtenu d\u2019Hitler, le 11 novembre, que le camp ne soit pas occup\u00e9, moyennant leur engagement sur l\u2019honneur de le d\u00e9fendre contre une attaque anglo-saxonne. <a href=\"#_ftn18\"><strong>[18]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9bute pour la r\u00e9gion toulonnaise et ce jusqu\u2019\u00e0 la fin du mois de novembre une p\u00e9riode extr\u00eamement confuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 novembre les troupes d\u2019occupation se sont arr\u00eat\u00e9es de part et d\u2019autre de Toulon, les Allemands \u00e0 Ollioules et Bandol et les Italiens sur le Gapeau, la d\u00e9fense du camp retranch\u00e9 devant \u00eatre assur\u00e9e par les forces fran\u00e7aises. Comme le souligne fort justement Jean-Marie Guillon&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>on se trouve donc dans une situation paradoxale, celle d\u2019un si\u00e8ge ni\u00e9, l\u2019assi\u00e9geant r\u00e9el \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme un alli\u00e9, alors que les armes sont tourn\u00e9es vers&nbsp;\u00ab&nbsp;un agresseur&nbsp;\u00bb potentiel en qui la majorit\u00e9 de la population voit un lib\u00e9rateur.<\/em>&nbsp;\u00bb D\u00e8s le 12 novembre, les limites du camp retranch\u00e9, et en cons\u00e9quence de la portion libre, sont pr\u00e9cis\u00e9es : dans l\u2019attente de renforts, elles sont provisoirement restreintes, la limite ouest \u00e9tant positionn\u00e9e du Cap N\u00e8gre (Six-Fours) au Gapeau. Les Allemands occupent donc Sanary du 13 au 16 novembre. Pendant ces quelques jours, le pr\u00e9fet maritime second\u00e9 par le commandant de la Force de Haute Mer cherche \u00e0 renforcer la d\u00e9fense du camp retranch\u00e9. Depuis Mers-el-K\u00e9bir (juillet 1940), la Marine vit dans la hantise d\u2019une action anglo-saxonne contre Toulon. Mais \u00e0 partir du 8 novembre 1942 cette hantise se transforme en une v\u00e9ritable obsession. Et lorsque, signale Jean-Marie Guillon, les Italiens annoncent que les forces britanniques croisent au large du cap Sici\u00e9 et s\u2019appr\u00eatent \u00e0 d\u00e9barquer vers Le Brusc, cette information est prise au s\u00e9rieux\u2026 Le regroupement de renforts terrestres fran\u00e7ais pour assurer la d\u00e9fense du camp am\u00e8ne le report de ses limites au niveau de la pointe de La Cride, \u00e0 Sanary, o\u00f9 la rel\u00e8ve des soldats allemands a lieu le 16 <a href=\"#_ftn19\"><strong>[19]<\/strong><\/a>. Mais \u00e0 cette date le sort de la r\u00e9gion toulonnaise est d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9. Depuis le 14, Hitler a d\u00e9cid\u00e9 de lancer l\u2019op\u00e9ration Lila (prise de Toulon). Le 17, il ordonne la dissolution de l\u2019arm\u00e9e d\u2019armistice, qui retire en cons\u00e9quence toutes les troupes fran\u00e7aises des positions d\u00e9fensives du camp retranch\u00e9. Et malgr\u00e9 les protestations du pr\u00e9fet maritime, les troupes allemandes p\u00e9n\u00e8trent dans les limites du camp retranch\u00e9. Le 27, la flotte se saborde.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant quelques jours, de la fin novembre au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre 1942, Six-Fours conna\u00eet une premi\u00e8re occupation allemande. Le 23 novembre 1942 le maire signale au pr\u00e9fet&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>une partie du territoire de Six-Fours principalement le quartier des L\u00f4nes vers Sanary est occup\u00e9e par les unit\u00e9s de l\u2019Axe.&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn20\"><strong>[20]<\/strong><\/a> Le 8 d\u00e9cembre, Jules Marquand \u00e9crit au commandant des unit\u00e9s allemandes O88-77A&nbsp;: \u00ab <em>\u2026malgr\u00e9 mon opposition, la salle du conseil municipal sise au rez-de-chauss\u00e9e de la mairie a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e par des unit\u00e9s plac\u00e9es sous vos ordres. Les locaux municipaux sont tr\u00e8s exigus et cette occupation pr\u00e9sente de s\u00e9rieux inconv\u00e9nients pour le fonctionnement de mes services\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn21\"><strong>[21]<\/strong><\/a> Timide protestation face \u00e0 un occupant qui s\u2019arroge tous les droits. Le rapport mensuel adress\u00e9 par la mairie de Six-Fours \u00e0 la pr\u00e9fecture \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 1942 permet de faire un bilan de cette premi\u00e8re occupation allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>A la date du 23 novembre le maire de Six-Fours a rendu compte des premi\u00e8res difficult\u00e9s entra\u00een\u00e9es par le s\u00e9jour des troupes allemandes dans la commune. Ces difficult\u00e9s sont de plusieurs ordres&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><u>Rapports du maire avec l\u2019autorit\u00e9 militaire<\/u><\/em><em>. Du fait de l\u2019installation tardive d\u2019un bureau de commandement, le maire n\u2019a pu s\u2019adresser d\u00e8s les premiers jours \u00e0 une autorit\u00e9 responsable capable d\u2019emp\u00eacher les agissements rapport\u00e9s ici. Par la suite les relations avec le commandant du cantonnement ont \u00e9t\u00e9 assez tendues malgr\u00e9 les efforts du maire pour les att\u00e9nuer. C\u2019est ainsi que le salut aux couleurs devait \u00eatre interdit dans les \u00e9coles, que la menace de tirer sans pr\u00e9avis sur les habitants circulant la nuit fut faite puis rapport\u00e9e, que la salle du conseil municipal devint une chambr\u00e9e\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><u>Logement et cantonnement<\/u><\/em><em>. Les dispositions de la circulaire du 14 novembre 1942 ne purent \u00eatre mises en pratique pour les raisons suivantes&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La commune comprend 90 hameaux dispers\u00e9s sur une grande \u00e9tendue. Les troupes \u00e0 loger op\u00e9rant simultan\u00e9ment le plus souvent sans avertir la mairie, il fut mat\u00e9riellement impossible aux deux seuls agents municipaux d\u2019\u00eatre partout \u00e0 la fois. C\u2019est ainsi que beaucoup de maisons vides de leurs occupants furent forc\u00e9es sans qu\u2019il soit possible de faire un inventaire. A remarquer que malgr\u00e9 les demandes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de la municipalit\u00e9 aucun bulletin de r\u00e9quisition n\u2019a \u00e9t\u00e9 remis pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019occupation. Ces bulletins ne devaient \u00eatre d\u00e9livr\u00e9s qu\u2019au d\u00e9part des troupes et certaines ont omis de le faire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><u>D\u00e9g\u00e2ts<\/u><\/em><em>.&nbsp; Les d\u00e9gradations commises par la troupe sont nombreuses.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>1\u00b0 des maisons ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9es et le mobilier dispers\u00e9 dans plusieurs immeubles<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>2\u00b0 des objets mobiliers ont servi de bois de chauffage<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>3\u00b0 une maison a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement ras\u00e9e au bord de la mer sans que la mairie soit inform\u00e9e<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>4\u00b0 les barques de p\u00eache au Brusc ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es par la troupe. Certaines ont \u00e9t\u00e9 rendues inutilisables<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>5\u00b0 les Allemands ont pratiqu\u00e9 la p\u00eache \u00e0 la grenade<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>6\u00b0 le gros des unit\u00e9s allemandes \u00e9tant remplac\u00e9es par les forces italiennes, il vient d\u2019\u00eatre constat\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9part que des meubles ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s ainsi que les installations \u00e9lectriques int\u00e9rieures compl\u00e8tes&nbsp;: fils, ampoules, lustres\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>7\u00b0 d\u2019importants d\u00e9g\u00e2ts ont \u00e9t\u00e9 caus\u00e9s aux cultures et prairies du fait des installations militaires et man\u0153uvres de mat\u00e9riel lourd&nbsp;: canons, chars, camions\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les r\u00e9clamations de toutes sortes arrivent \u00e0 la mairie et plus de vingt ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 transmises \u00e0 la pr\u00e9fecture.&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn22\"><strong>[22]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>A la mi-d\u00e9cembre 1942, les Italiens remplacent les Allemands jusqu\u2019\u00e0 Menton. Il s\u2019ensuit par cons\u00e9quent pour les Six-Fournais, une deuxi\u00e8me occupation, italienne cette fois.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3.2.<\/strong> <strong>L\u2019occupation italienne&nbsp;(mi-d\u00e9cembre 1942 &#8211; septembre 1943)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019arriv\u00e9e dans la commune des soldats italiens appartenant \u00e0 la 4<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e, ext\u00e9nu\u00e9s, dans un \u00e9tat lamentable (tous les t\u00e9moignages concordent sur ce point), s\u2019accompagne tr\u00e8s vite d\u2019une s\u00e9rie de d\u00e9gradations. D\u00e8s le 8 janvier 1943, le maire s\u2019adresse au commandant du 1<sup>er<\/sup> Bataillon du 77<sup>e<\/sup> R\u00e9giment d\u2019Infanterie \u00ab&nbsp;<em>Lupi di Toscana&nbsp;<\/em>\u00bb install\u00e9 quartier Gabois&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les cultures sont litt\u00e9ralement mises au pillage si bien qu\u2019aucun apport en l\u00e9gumes n\u2019a lieu sur le march\u00e9, ce qui compromet gravement le ravitaillement de la population. Des r\u00e9clamations qui me parviennent journellement, il r\u00e9sulte que les troupes plac\u00e9es sous vos ordres ne sont pas \u00e9trang\u00e8res \u00e0 cet \u00e9tat de choses&nbsp;; de m\u00eame certains de vos hommes n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 se pr\u00e9senter chez l\u2019habitant, ba\u00efonnette au canon, exigeant la vente de l\u00e9gumes ou de lapins\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn23\"><strong>[23]<\/strong><\/a> Les probl\u00e8mes de ravitaillement s\u2019aggravent de mani\u00e8re alarmante provoquant en juin les protestations de onze m\u00e8res de famille. <a href=\"#_ftn24\"><strong>[24]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les Italiens s\u2019efforcent de remettre en fonction la batterie du fort de Six-Fours, sabot\u00e9e en partie en novembre 1942. La mise en d\u00e9fense du littoral leur para\u00eet de plus en plus urgente \u00e0 un moment o\u00f9 la guerre tourne pour eux \u00e0 la catastrophe. Au cours des premiers mois de l\u2019ann\u00e9e 1943,&nbsp; l\u2019Italie rappelle une partie de ses divisions, ce qui arrange les Allemands qui, \u00e0 partir des mois de mai et juin, pensent pouvoir contr\u00f4ler plus \u00e9troitement une bonne partie de la base navale de Toulon <a href=\"#_ftn25\"><strong>[25]<\/strong><\/a>. En juin 1943, les autorit\u00e9s italiennes, ayant d\u00e9cid\u00e9 de faire \u00e9vacuer certaines communes littorales, r\u00e9clament l\u2019\u00e9vacuation de la population de Reynier <a href=\"#_ftn26\"><strong>[26]<\/strong><\/a>, suscitant \u00e0 la fois \u00e9motion&nbsp; et protestations \u00e0 Six-Fours. Une carte des \u00eelots \u00e0 \u00e9vacuer est \u00e9tablie au mois de juillet (secteurs de la plage du Cros, de la briqueterie &#8212; cette derni\u00e8re non incluse &#8212; et du littoral jusqu\u2019\u00e0 Sanary), les \u00e9vacuations devant \u00eatre effectu\u00e9es entre les 15 et 30 juillet. Il est pr\u00e9vu que les personnes ne devront pas passer la nuit dans les zones \u00e9vacu\u00e9es et que des laissez-passer seront d\u00e9livr\u00e9s aux propri\u00e9taires et aux travailleurs des terrains en culture pour y surveiller leurs exploitations. L\u2019\u00e9vacuation est pr\u00e9par\u00e9e par la municipalit\u00e9 <a href=\"#_ftn27\"><strong>[27]<\/strong><\/a>qui a r\u00e9quisitionn\u00e9 les villas et appartements libres pour loger les quelques 550 \u00e9vacu\u00e9s pr\u00e9vus <a href=\"#_ftn28\"><strong>[28]<\/strong><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Emotion donc provoqu\u00e9e par ces \u00e9vacuations alors qu\u2019aucune n\u00e9cessit\u00e9 militaire imm\u00e9diate ne les justifient, mais \u00e9motion \u00e9galement \u00e9prouv\u00e9e \u00e0 la suite des arrestations op\u00e9r\u00e9es dans la r\u00e9gion par les Italiens le 13 juillet 1943. En effet, 36 personnes sont arr\u00eat\u00e9es \u00e0 Ollioules, 15 \u00e0 Sanary dont le commissaire de police, 15 \u00e0 Bandol, 8 \u00e0 Six-Fours dont A. Crispin, ancien maire SFIO de la commune. La plupart d\u2019entre elles sont achemin\u00e9es \u00e0 Modane au Fort Victor Emmanuel avant d\u2019\u00eatre pour la plupart rel\u00e2ch\u00e9es peu apr\u00e8s. <a href=\"#_ftn29\"><strong>[29]<\/strong><\/a> Le 14 juillet 1943, le maire d\u2019Ollioules adresse ce courrier au sous-pr\u00e9fet de Toulon&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai v\u00e9cu une bien p\u00e9nible journ\u00e9e le 27 novembre [1942, NdlR]. Mon c\u0153ur de Fran\u00e7ais et de marin a beaucoup souffert mais ma peine \u00e9tait att\u00e9nu\u00e9e par le sentiment du devoir accompli par mes camarades, en conformit\u00e9 des ordres. Tel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas du 13 juillet\u2026 Aussi j\u2019ai v\u00e9cu en ma qualit\u00e9 de maire et surtout d\u2019Ollioulais de souche une journ\u00e9e \u00e9galement tr\u00e8s p\u00e9nible et d\u2019autant plus p\u00e9nible que je n\u2019ai aucune satisfaction d\u2019amour propre du devoir accompli, sinon d\u2019\u00eatre dans l\u2019impossibilit\u00e9 de faire quoi que ce soit pour att\u00e9nuer les rigueurs de l\u2019ordre re\u00e7u par les occupants. D\u00e8s que j\u2019ai appris que des arrestations \u00e9taient effectu\u00e9es, je vous ai fait t\u00e9l\u00e9phoner par mon premier adjoint&nbsp;; j\u2019ai vu ainsi que vous \u00e9tiez au courant de ce qui se passait. A midi j\u2019ai fait demander par un officier interpr\u00e8te si je pouvais conna\u00eetre exactement quelles \u00e9taient les mesures envisag\u00e9es et quel serait le sort des personnes arr\u00eat\u00e9es. Il me fut r\u00e9pondu que l\u2019ordre avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans la nuit venant de Rome, qu\u2019il \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ral pour toute la r\u00e9gion occup\u00e9e par les troupes italiennes et que les personnes seraient envoy\u00e9es sur la fronti\u00e8re \u00e0 cause de leur grand nombre, pour un temps limit\u00e9\u2026 Je me suis rendu vers 16 heures \u00e0 l\u2019\u00e9cole o\u00f9 \u00e9taient rassembl\u00e9es les personnes arr\u00eat\u00e9es&nbsp;; j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre conduit aupr\u00e8s d\u2019elles, je n\u2019ai pas eu satisfaction\u2026 Etaient rassembl\u00e9es les personnes de Reynier, Sanary, Ollioules, Ste-Anne d\u2019Evenos et je crois Bandol. Deux camionnettes les ont emmen\u00e9es dans la direction de Toulon. J\u2019ai compris que 23 arrestations avaient eu lieu \u00e0 Ollioules comprenant des personnes soup\u00e7onn\u00e9es de communisme ou de gaullisme, sans tenir compte de leur \u00e2ge et de leur situation de famille.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les jours du r\u00e9gime fasciste sont compt\u00e9s. Le 10 juillet les alli\u00e9s ont d\u00e9barqu\u00e9 en Sicile. Le 25, Mussolini est destitu\u00e9 et \u00ab&nbsp;<em>les Italiens annoncent \u00e0 leurs alli\u00e9s allemands qu\u2019ils ont l\u2019intention de rapatrier leur 4<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e pour d\u00e9fendre leur sol national d\u00e9sormais menac\u00e9 par un d\u00e9barquement imminent des troupes alli\u00e9es ayant conquis la Sicile. Hitler se voit donc oblig\u00e9 de remplacer par des unit\u00e9s allemandes les divisions italiennes occupant le Midi de la France. L\u2019\u00e9vacuation&nbsp; des troupes italiennes se fait par \u00e9tapes, en commen\u00e7ant par celles qui sont install\u00e9es le plus \u00e0 l\u2019ouest et vers la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 1943 la 19<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e allemande commence officiellement la rel\u00e8ve\u2026 Le 8 septembre le successeur de Mussolini, le Mar\u00e9chal Badoglio conclut un armistice avec les Alli\u00e9s. Les Allemands d\u00e9clenchent en fin de soir\u00e9e le plan \u00ab&nbsp;ACHSE&nbsp;\u00bb. Ils envahissent alors totalement la zone c\u00f4ti\u00e8re m\u00e9diterran\u00e9enne, d\u00e9sarment leurs anciens alli\u00e9s et prennent le contr\u00f4le absolu de la zone d\u2019occupation italienne et bien s\u00fbr de la r\u00e9gion toulonnaise. L\u2019occupation allemande se fait sans coup f\u00e9rir.<\/em>&nbsp;\u00bb<em> <\/em><a href=\"#_ftn30\"><strong>[30]<\/strong><\/a> Les soldats italiens sont soit incorpor\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e allemande, soit fait prisonniers et utilis\u00e9s comme tels. Seuls quelques-uns rejoignent le maquis ou parviennent \u00e0 rentrer chez eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport <a href=\"#_ftn31\"><strong>[31]<\/strong><\/a> adress\u00e9 par le pr\u00e9fet du Var au ministre de l\u2019Int\u00e9rieur le 13 septembre 1943 permet de&nbsp;bien saisir les r\u00e9percussions de la signature de l\u2019armistice italien dans la r\u00e9gion toulonnaise :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>A <strong>Toulon <\/strong>un certain nombre d\u2019anciens miliciens fascistes a d\u00e9clar\u00e9 se rallier au nouveau gouvernement fasciste italien et coop\u00e9rer avec l\u2019arm\u00e9e allemande. Ces effectifs ont donc \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s de la masse des soldats qui, consid\u00e9r\u00e9s comme prisonniers, sont progressivement embarqu\u00e9s et emmen\u00e9s. A peu pr\u00e8s partout les m\u00eames sc\u00e8nes se sont produites&nbsp;: les Italiens, au cours de la nuit annon\u00e7ant l\u2019armistice ont d\u2019abord distribu\u00e9 aux personnes qu\u2019ils connaissaient dans la localit\u00e9 une certaine quantit\u00e9 de denr\u00e9es (cigarettes, riz, \u00e9picerie\u2026) puis nombre d\u2019entre eux ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des sortes de ventes aux ench\u00e8res pour le reste de leur mat\u00e9riel et notamment en plusieurs cas de leurs armes. A ce moment le pillage s\u2019est en plusieurs endroits organis\u00e9&nbsp;: des Fran\u00e7ais appartenant aux cat\u00e9gories les plus diverses se sont pr\u00e9cipit\u00e9s sur tout ce qui leur paraissait \u00eatre des stocks italiens, et avec les moyens de transport dont chacun disposait, il y eut litt\u00e9ralement mise \u00e0 sac\u2026&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Ollioules&nbsp;:<\/strong> Occup\u00e9 par quelques Allemands depuis 8 jours, les Italiens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sarm\u00e9s le 9 septembre au matin et conduits \u00e0 la gare o\u00f9 ils sont parqu\u00e9s&nbsp;: 2000 environ\u2026 Avec la complicit\u00e9 de quelques habitants <a href=\"#_ftn32\"><strong>[32]<\/strong><\/a>, plusieurs soldats italiens ont r\u00e9ussi \u00e0 se procurer des v\u00eatements civils et \u00e0 s\u2019\u00e9vader dans la campagne. La plupart ont emport\u00e9 des grenades \u00e0 main et des pistolets automatiques. Un sujet italien habitant Ollioules depuis longtemps, soup\u00e7onn\u00e9 par la population de cette commune d\u2019\u00eatre pro-fasciste et d\u2019avoir livr\u00e9 des Fran\u00e7ais aux Italiens, a \u00e9t\u00e9 lynch\u00e9 par la foule et laiss\u00e9 pour mort\u2026<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p><em>A <\/em><strong><em>Sanary, <\/em><\/strong><em>&nbsp;au quartier de Sainte-Trinide, des armes auraient \u00e9t\u00e9 jet\u00e9es en vrac par les Italiens qui ont ensuite pris la campagne. Il est probable que des civils ont pu s\u2019emparer d\u2019une partie de ces armes\u2026<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Brusc&nbsp;:<\/em><\/strong><em> dans la journ\u00e9e du 9, les Italiens avaient form\u00e9 les faisceaux, munitions aux pieds et ils \u00e9taient prisonniers sur parole. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi ils erraient dans les champs, sans armes.<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La Seyne&nbsp;:<\/em><\/strong><em> pas d\u2019incidents notables.<\/em> <em>400 fascistes irr\u00e9dentistes ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s sur St-Mandrier, lieu choisi par les Allemands comme point de concentration des Italiens s\u2019\u00e9tant ralli\u00e9s \u00e0 la cause allemande. Ils ont \u00e9t\u00e9 rejoints \u00e0 St-Mandrier par des Chemises Noires venant de Tamaris et des Sablettes. Toutes ces op\u00e9rations se sont d\u00e9roul\u00e9es dans le calme, mais il est plus que probable que des armes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es en plusieurs endroits par la population civile dont une partie a aid\u00e9 les Italiens \u00e0 prendre la campagne en civil.&nbsp; Plusieurs groupes de ces fuyards se sont mis en route \u00e0 pied, empruntant des chemins d\u00e9tourn\u00e9s pour gagner la fronti\u00e8re italienne\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3.3. La seconde occupation allemande&nbsp;(septembre 1943 &#8211; ao\u00fbt 1944<\/strong>)<\/h3>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de septembre, la r\u00e9gion de Menton \u00e0 Carry-le-Rouet, est plac\u00e9e sous le contr\u00f4le du commandement maritime allemand&nbsp;de la C\u00f4te d\u2019Azur et la d\u00e9fense a\u00e9rienne de la r\u00e9gion toulonnaise, assur\u00e9e par la Luftwaffe, est renforc\u00e9e.&nbsp; La 8<sup>e<\/sup> batterie du fort de Six-Fours&nbsp;re\u00e7oit 6 pi\u00e8ces de 88 mm Flak 36 pour la d\u00e9fense \u00e0 haute altitude et 3 pi\u00e8ces de 20 mm Flak 30 pour sa d\u00e9fense rapproch\u00e9e. Selon certaines sources, la garnison allemande de Six-Fours compte \u00e0 cette \u00e9poque 230 hommes environ <a href=\"#_ftn33\"><strong>[33]<\/strong><\/a>. Parall\u00e8lement&nbsp; la 242<sup>e<\/sup> Division d\u2019Infanterie, assurant la rel\u00e8ve de la division initialement install\u00e9e dans le Var au moment du retrait italien, est d\u00e9ploy\u00e9e entre Bandol et Fr\u00e9jus.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avec cette seconde occupation allemande s\u2019ouvre pour&nbsp; Six-Fours la p\u00e9riode la plus sombre de son histoire pendant la guerre. De nombreuses habitations sont, \u00e0 nouveau, r\u00e9quisitionn\u00e9es pour loger les troupes d\u2019occupation. <a href=\"#_ftn34\"><strong>[34]<\/strong><\/a> Le ravitaillement devient de plus en plus difficile. A ces probl\u00e8mes r\u00e9currents, s\u2019ajoute la crainte des bombardements. En effet depuis la conqu\u00eate de la Sicile et le d\u00e9barquement dans le sud de la botte italienne, les alli\u00e9s ont lib\u00e9r\u00e9 Naples (1<sup>er<\/sup> octobre 1943) et am\u00e9nag\u00e9 des a\u00e9rodromes \u00e0 partir desquels il est d\u00e9sormais possible de mener des raids a\u00e9riens sur les c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes fran\u00e7aises. Le 24 novembre 1943 en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi les alli\u00e9s bombardent Toulon. L\u2019effet de surprise est total pour la population. La batterie antia\u00e9rienne de Six-Fours, avec d\u2019autres, ouvre le feu sur l\u2019escadre de bombardiers mais sans aucune efficacit\u00e9. <a href=\"#_ftn35\"><strong>[35]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-1024x720.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-652\" width=\"583\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-1024x720.jpg 1024w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-300x211.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-768x540.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-1536x1080.jpg 1536w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-2048x1439.jpg 2048w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/B24_Toulon-1140x801.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 583px) 100vw, 583px\" \/><figcaption><strong>Fig. 2 <\/strong>&#8211; Bombardier am\u00e9ricain B24 Liberator atteint par la Flak allemande, peu de temps avant sa chute.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>On d\u00e9nombre 450 morts et 700 bless\u00e9s. Ce premier bombardement particuli\u00e8rement d\u00e9vastateur provoque un v\u00e9ritable traumatisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Allemands redoutent un d\u00e9barquement alli\u00e9 sur les c\u00f4tes varoises et acc\u00e9l\u00e8rent la mise en d\u00e9fense de la r\u00e9gion. D\u00e9but 1944, \u00ab&nbsp;<em>une fi\u00e8vre de fortification&nbsp;s\u2019empare des Allemands<\/em>&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn36\"><strong>[36]<\/strong><\/a>, s\u2019accompagnant d\u2019ordres d\u2019\u00e9vacuation. A Six-Fours, le maire tente bien de protester, mais en vain&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>En effet &#8211;<\/em>&#8211; \u00e9crit-il d\u00e9but mars 1944 au d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional du service de protection contre les \u00e9v\u00e9nements de guerre &#8212; <em>si l\u2019on s\u2019adresse \u00e0 la Kommandantur de Reynier, il vous est r\u00e9pondu que \u00e7a regarde la Kommandantur du Brusc, en s\u2019adressant \u00e0 celle du Brusc, il vous est r\u00e9pondu que \u00e7a ne les regarde pas, que c\u2019est la direction du G\u00e9nie qui a prescrit les \u00e9vacuations ; si l\u2019on se permet de demander o\u00f9 se trouve le Commandement du G\u00e9nie, il vous est r\u00e9pondu&nbsp;: on n\u2019en sait rien du tout&nbsp;!!! De ce fait une dizaine de familles ont d\u00fb quitter leur logement dans les 12 heures sur simple avis d\u2019un sous-officier&nbsp; et parfois m\u00eame un simple soldat sans que la mairie ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venue. Mis au courant par les personnes touch\u00e9es par l\u2019ordre d\u2019\u00e9vacuation, j\u2019ai ordonn\u00e9 \u00e0 ces derni\u00e8res de ne pas bouger sans avis de la Mairie, mais les Allemands ont dit aux habitants en question&nbsp;: le maire ne commande plus, c\u2019est nous qui commandons.<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn37\"><strong>[37]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Evacuations bient\u00f4t suivies de la destruction de nombreuses habitations. Fin mars 1944, le maire \u00e9crit au pr\u00e9fet&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>\u2026Ce matin 30 mars cinq nouveaux immeubles \u00e9taient d\u00e9truits \u00e0 la dynamite dont un avait encore une partie de son mobilier qui n\u2019avait pu \u00eatre enlev\u00e9 du fait que la propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait min\u00e9e. L\u2019ordre d\u2019\u00e9vacuation concerne environ le quart de ma commune et c\u2019est 160 familles qui doivent \u00e9vacuer formant au total une population d\u2019environ 700 personnes. A la suite de la note parue dans la presse sp\u00e9cifiant que les \u00e9vacuations ordonn\u00e9es dans la r\u00e9gion de Toulon devaient \u00eatre termin\u00e9es pour le 13 avril, nous nous sommes imm\u00e9diatement mis en relation avec l\u2019Etat-Major local qui a d\u00e9clar\u00e9 que tout cela ne les int\u00e9ressait pas et qu\u2019au grand maximum et pour certains cas particuliers, il pourrait donner tout au plus deux jours de d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire.&nbsp;\u00bb <\/em><a href=\"#_ftn38\"><strong>[38]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Et quelques jours plus tard, le 12 avril, le maire constate&nbsp;: \u00ab&nbsp;s<em>ur toute la partie de la commune en bordure de mer, c\u2019est-\u00e0-dire du hameau du Brusc \u00e0 Sanary sur une profondeur de 1500 \u00e0 2000 m\u00e8tres les Allemands appliquent le principe de la terre br\u00fbl\u00e9e. Sur plusieurs centaines d\u2019hectares r\u00e8gne une d\u00e9solation abominable. Toutes les habitations d\u00e9truites, tous les arbres coup\u00e9s, les vignes et les arbres fruitiers arrach\u00e9s. Les terres qui ont d\u00fb \u00eatre abandonn\u00e9es avec toutes les semences en terre sont situ\u00e9es dans la<\/em> <em>partie la plus productive de la commune, aussi la consternation est grande parmi les administr\u00e9s. Les maisons sautent sans que la plupart du temps le maire en soit avis\u00e9 et les propri\u00e9taires ne peuvent \u00eatre alert\u00e9s suffisamment \u00e0 temps\u2026 Le 12 avril, ordre de la Kommandantur locale de rassembler les quatre \u00e9quipes de STO destin\u00e9es aux chantiers de Six-Fours sur la place de la mairie pour soi-disant changer de chantier. Or, vers 9 heures plusieurs cars de la soci\u00e9t\u00e9 Gaby d\u2019Hy\u00e8res arriv\u00e8rent sur la place et tous les travailleurs embarqu\u00e9s pour une destination inconnue, les uns sans argent, les autres sans v\u00eatement suffisant pour passer la nuit hors de leur domicile. Cette fa\u00e7on de faire devient intol\u00e9rable et je ne vous cache pas Monsieur le Pr\u00e9fet qu\u2019une col\u00e8re sourde commence de grandir dans le pays.<\/em>&nbsp;\u00bb<em> <\/em><a href=\"#_ftn39\"><strong>[39]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Benjamin Vallotton, \u00e9crivain suisse, qui poss\u00e8de une propri\u00e9t\u00e9 aux L\u00f4nes, sur la commune, assiste comme d\u2019autres \u00e0 la destruction du bord de mer, y compris de sa propre maison. Il \u00e9crit&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;A force de dynamiter l\u2019Europe, les op\u00e9rants ont acquis une grande exp\u00e9rience. En un tournemain, la plus solide des maisons, victorieuse de l\u2019usure des si\u00e8cles, n\u2019est plus qu\u2019un \u00e9boulis fumant. Quatre charges d\u2019explosif aux angles inf\u00e9rieurs, un fil \u00e9lectrique de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, le geste d\u2019un doigt, \u00e0 bonne distance, pour \u00e9tablir le contact et la demeure des hommes se soul\u00e8ve et s\u2019affaisse\u2026 D\u00e8s lors les destructions marchent grand train. Chaque jour de sourdes explosions annoncent au loin que des maisons, par dizaines, ont pass\u00e9 de vie \u00e0 tr\u00e9pas. Sur des kilom\u00e8tres de la Reppe aux environs de Reynier jusqu\u2019au sommet des collines, la d\u00e9vastation s\u2019\u00e9tend. Ce paradis d\u2019arbres, de jardins, de cottages souriants, de mas heureux assis entre aire et citerne, n\u2019est plus qu\u2019un cimeti\u00e8re de pierres, de poutres calcin\u00e9es, de tuiles pulv\u00e9ris\u00e9es sur une terre pel\u00e9e. On ne vide plus les maisons. A quoi bon&nbsp;!&nbsp;\u00bb <\/em><a href=\"#_ftn40\"><strong>[40]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>De la mer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres, les champs sont syst\u00e9matiquement min\u00e9s. \u00ab&nbsp;<em>Les Allemands &#8211;<\/em>&#8211; \u00e9crit Jacques Verd <a href=\"#_ftn41\"><strong>[41]<\/strong><\/a> \u00e0 propos des mines &#8212; <em>les perfectionn\u00e8rent et en invent\u00e8rent de diff\u00e9rents mod\u00e8les, les unes allong\u00e9es, d\u2019autres rondes ou en forme de calebasse, le dessous renfl\u00e9, etc. chacune ayant sa destination&nbsp;; les grosses, anti-chars; les petites contre les pi\u00e9tons, sensibles m\u00eame aux pattes d\u2019animaux. Ces engins\u2026 n\u2019\u00e9taient pas cach\u00e9s au hasard&nbsp;; ils d\u00e9pendaient d\u2019un plan g\u00e9n\u00e9ral, et chaque champ avait son trac\u00e9 propre\u2026 Ces plans comportaient des pi\u00e8ges qui consistaient \u00e0 enfouir plus profond\u00e9ment une mine, \u00e0 en placer une seconde au niveau des autres, de fa\u00e7on qu\u2019il p\u00fbt toujours en rester une pour exploser\u2026 Les espaces min\u00e9s \u00e9taient signal\u00e9s par des barbel\u00e9s et une pancarte : Achtung Minen &#8212; Attention mines &#8212; et le dessin d\u2019une t\u00eate de mort. Il y eut nombre de tu\u00e9s, gens qui tentaient de cueillir des fruits, de couper de l\u2019herbe pour les lapins, ou simplement qui croyaient prendre un raccourci pour leur chemin.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs personnes sont ainsi gri\u00e8vement bless\u00e9es ou tu\u00e9es \u00e0 Six-Fours. C\u2019est le cas par exemple de M. Rodiac, tu\u00e9 le 16 avril 1944 par une mine au quartier Grand Camp, ou encore de M. Sp\u00e9rand\u00e9o, tu\u00e9 le 17 mai sur la route de la Coudouri\u00e8re. Le 19 juin, la commune de Gar\u00e9oult fournit quinze requis au STO par les autorit\u00e9s allemandes pour effectuer des travaux sur la c\u00f4te. L\u2019\u00e9clatement d\u2019une mine fait parmi eux 3 morts et 4 bless\u00e9s graves. <a href=\"#_ftn42\"><strong>[42]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-1024x700.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-653\" width=\"840\" height=\"573\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-1024x700.jpg 1024w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-300x205.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-768x525.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-1536x1050.jpg 1536w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-2048x1400.jpg 2048w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/CapNegr_Fortif44-1140x779.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px\" \/><figcaption>&nbsp; <strong>Fig. 3 <\/strong>&#8211; Plan des d\u00e9fenses mises en place par les Allemands&nbsp;\u2013 Zones min\u00e9es et d\u00e9fenses c\u00f4ti\u00e8res \u2013 Cartes r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir des documents&nbsp; adress\u00e9s \u00e0 Alger via l\u2019Espagne par la R\u00e9sistance (Service de Renseignements&nbsp; du MLN),&nbsp;sous forme de film <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn43\"><strong>[43]<\/strong><\/a> des zones min\u00e9es et d\u00e9fenses c\u00f4ti\u00e8res de Six-Fours.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Tandis que les Allemands cherchent f\u00e9brilement \u00e0 assurer leur d\u00e9fense, les alli\u00e9s multiplient les raids a\u00e9riens sur la r\u00e9gion toulonnaise.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 11 mars 1944, pour la quatri\u00e8me fois, la ville est bombard\u00e9e par des avions am\u00e9ricains Super-Forteresses B17 et&nbsp; Lib\u00e9rators B24 ; 71 personnes sont tu\u00e9es et 130 bless\u00e9es. A Six-Fours, 20 bombes tombent dans la campagne, blessant 4 civils, 7 d\u2019entre elles atteignent la batterie allemande de projecteurs de Cambaud, tuant dix soldats allemands. Un avion allemand est abattu par les avions d\u2019escorte de la formation am\u00e9ricaine de bombardiers. Il parvient \u00e0 atterrir dans un champ min\u00e9 entre la route du Brusc et le quartier de R\u00e9pentance. <a href=\"#_ftn44\"><strong>[44]<\/strong><\/a>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"699\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-699x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-659\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-699x1024.jpg 699w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-205x300.jpg 205w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-768x1125.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-1049x1536.jpg 1049w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-1398x2048.jpg 1398w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud-1140x1670.jpg 1140w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Bomb_Cambaud.jpg 1652w\" sizes=\"auto, (max-width: 699px) 100vw, 699px\" \/><figcaption><strong>Fig. 4 <\/strong>&#8211; Carte de la commune de Six-Fours \u00e9tablissant les points d\u2019impacts des bombes&nbsp;(quartier Cambaud) le 11 mars 1944 (Archives d\u00e9partementales du Var, cote 2W59)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 29 avril 1944, pour la cinqui\u00e8me fois, Toulon est bombard\u00e9 par 573 quadrimoteurs (B24) d\u00e9versant 1312 tonnes de bombes sur la r\u00e9gion. 67 morts et 62 bless\u00e9s sont d\u00e9nombr\u00e9s en ville, 129 tu\u00e9s et 65 bless\u00e9s \u00e0 La Seyne. <em>\u00ab&nbsp;Toute notre famille \u2013<\/em> note Jacques Verd &#8212; <em>regardait dans l\u2019azur du ciel de l\u2019Est, le lancement des projectiles sur nos voisins de Toulon et La Seyne. A peine distinctes, apercevait-on, ces batailles et les petits nuages blancs des tirs de la DCA. Tout \u00e0 coup une escadrille se s\u00e9pare de la masse, puis vole au-dessus de la chapelle du Mai. Exclamations&nbsp;: oh ! on dirait qu\u2019elle va attaquer Le Brusc<\/em>.&nbsp;\u00bb<em> <\/em><a href=\"#_ftn45\"><strong>[45]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Une trentaine de bombes tombent \u00e0 Six-Fours, atteignant plusieurs maisons dont une villa du quartier des L\u00f4nes o\u00f9 \u00e9taient log\u00e9s des employ\u00e9s civils des troupes d\u2019occupation. Six personnes sont tu\u00e9es <a href=\"#_ftn46\"><strong>[46]<\/strong><\/a><strong>.<\/strong> Six bombes tombent sur le quartier de la Coudouri\u00e8re, n\u2019occasionnant aucune victime. En revanche pendant le bombardement, trois civils et deux militaires allemands quittent la route et p\u00e9n\u00e8trent dans un champ min\u00e9. Un engin explose, tuant une personne <a href=\"#_ftn47\"><strong>[47]<\/strong><\/a> et en blessant quatre autres. Le lendemain un incendie cons\u00e9cutif au bombardement, semble-t-il, se d\u00e9clare quartier Curet-Bas <a href=\"#_ftn48\"><strong>[48]<\/strong><\/a> n\u00e9cessitant l\u2019intervention d\u2019une cinquantaine de personnes avant d\u2019\u00eatre ma\u00eetris\u00e9. Quelques jours apr\u00e8s, un cadavre est d\u00e9couvert dans les d\u00e9combres d\u2019une maison <a href=\"#_ftn49\"><strong>[49]<\/strong><\/a>. Au total, le bombardement du 29 avril 1944 aura donc provoqu\u00e9 la mort de 8 personnes \u00e0 Six-Fours.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu avant le d\u00e9barquement, lors du huiti\u00e8me bombardement de Toulon, des bombes tombent au Brusc sans faire de victime.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des mois de mai, juin et juillet 1944, les \u00e9vacuations et les destructions ordonn\u00e9es par les Allemands s\u2019amplifient. <a href=\"#_ftn50\">[50]<\/a> Un premier bilan r\u00e9alis\u00e9 fin mai 1944 indique que plus de 1500 personnes (sur une population d\u2019environ 4500 personnes) ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es \u00e0 cette date. <a href=\"#_ftn51\"><strong>[51]<\/strong><\/a> En juin, 600 personnes vivant dans la r\u00e9gion du Brusc sont \u00e0 leur tour concern\u00e9es. <a href=\"#_ftn52\"><strong>[52]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les Allemands s\u2019attendent au pire apr\u00e8s le d\u00e9barquement du&nbsp;6 juin 1944&nbsp;en&nbsp;Normandie et&nbsp;la&nbsp;lib\u00e9ration&nbsp;d\u2019une partie du&nbsp;territoire fran\u00e7ais<a href=\"#_ftn53\"><strong>[53]<\/strong><\/a>, l\u2019espoir rena\u00eet au sein de la population varoise. La R\u00e9sistance se pr\u00e9pare \u00e0 participer aux combats de la lib\u00e9ration du sol national. Peu visible et pour cause&nbsp;! Elle n\u2019est pas absente cependant de la r\u00e9gion six-fournaise.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><strong>Un exemple de l\u2019activit\u00e9 des r\u00e9sistants FFI dans le secteur La Seyne-<\/strong>S<strong>ix Fours<\/strong><\/p><cite>Le rapport de Jean Klimoff <a href=\"#_ftn54\">[54]<\/a>, n\u00e9 en 1896, exploitant forestier \u00e0 La Seyne et chef d\u2019un des groupes Koutouzoff, donne un aper\u00e7u de cette activit\u00e9.&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;Engag\u00e9 volontaire dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise le 5 septembre 1939, je suis parti pour le front d\u2019o\u00f9 je suis retourn\u00e9 chez moi le 29 ao\u00fbt 1940\u2026Lorsque les troupes italiennes occup\u00e8rent le sud de la France, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 faire de la propagande parmi les troupes d\u2019occupation. J\u2019avais avec moi MM. Campana, Scatena, Sienkoviez et Bacchi Aprile. Nous n\u2019avons pas pu r\u00e9ussir car Campana et Scatena ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et envoy\u00e9s en Italie. Moi-m\u00eame, sous la surveillance des fascistes, je fus oblig\u00e9 de me camoufler dans les bois. Lors de l\u2019arriv\u00e9e des Allemands, commen\u00e7a mon travail parmi les troupes allemandes. Je p\u00e9n\u00e9trais dans les blockhaus et les fortifications. J\u2019organisais en premier lieu les Polonais. Ensuite lors de l\u2019arriv\u00e9e des Arm\u00e9niens et des Russes incorpor\u00e9s de force dans l\u2019arm\u00e9e allemande (1943), je me suis efforc\u00e9 de les grouper et cela ne fut pas ais\u00e9. En 1944 ils ont commenc\u00e9 \u00e0 me fournir des armes dans toute la r\u00e9gion de La Seyne (fusils, grenades, lance-mines, mitrailleuses et pistolets). Toutes ces armes ont \u00e9t\u00e9 camoufl\u00e9es entre La Bonne M\u00e8re et Le Brusc, sous la surveillance des hommes d\u00e9serteurs de l\u2019arm\u00e9e allemande. D\u00e8s le 4 avril, tous ces hommes ont \u00e9t\u00e9 ravitaill\u00e9s \u00e0 mes frais jusqu\u2019\u00e0 la fin des combats.<\/em><br><em>Le 4 avril j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo, signal\u00e9 par 4 miliciens de La Seyne, tous de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise\u2026 J\u2019ai \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 \u00e0 tabac, coups de crosse de fusil et de nerf de boeuf sur tout le corps par un Alsacien qui \u00e9tait de la Gestapo\u2026 Le reste me fut donn\u00e9 \u00e0 Br\u00e9gaillon et \u00e0 Saint Jean du Var. Je devais \u00eatre fusill\u00e9 le lendemain matin 8 avril. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par des fascistes qui m\u2019ont signal\u00e9 aux Allemands comme collaborateur. Ils ont d\u00e9montr\u00e9 que j\u2019\u00e9tais souvent avec des Allemands auxquels je tenais des discours. Mais ils se trompaient. C\u2019\u00e9taient des Russes et des Arm\u00e9niens incorpor\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e allemande. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 \u00e0 7 heures du soir le 7 avril.<\/em><br><em>Le 15 juin, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 fournir des armes aux FFI de Six-Fours (quartier Tallian), Le Brusc et La Sardine. A cette m\u00eame date, j\u2019ai fourni des armes aux FFI de La Seyne, notamment des mitrailleuses et des grenades, ainsi que les plans de toute la c\u00f4te qui devaient permettre le bombardement pr\u00e9cis des pi\u00e8ces lourdes des blockhaus. Ces plans ont \u00e9t\u00e9 remis au lieutenant Richaud et ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s \u00e0 Alger.<\/em><br><em>Nos 450 hommes recrut\u00e9s dans le secteur de La Seyne ont livr\u00e9 de violents combats \u00e0 la batterie de Pierredon. Ils ont particip\u00e9 aux combats de la lib\u00e9ration (attaque du fort de La Seyne en collaboration avec Pichauf, chef FFI de La Seyne).<\/em>&nbsp;\u00bb<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. La Lib\u00e9ration de Six-Fours la Plage (journ\u00e9es du 6 au 26 ao\u00fbt 1944)<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les premiers jours d\u2019ao\u00fbt 1944, les alertes a\u00e9riennes sont de plus en plus fr\u00e9quentes :<em> \u00ab&nbsp;nous vivons en alertes, elles se succ\u00e8dent \u00e0 raison de 4 ou 5 par jour. <\/em>\u00bb<em> <\/em><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn55\"><strong>[55]<\/strong><\/a> On s\u2019attend \u00e0 un d\u00e9barquement imminent sur les c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Journ\u00e9es du dimanche 6 au dimanche 13 ao\u00fbt : pr\u00e9paratifs <\/h3>\n\n\n\n<p><strong><em>Dimanche 6 ao\u00fbt&nbsp; 1944<\/em><\/strong>. Violents bombardements sur la r\u00e9gion Toulon et La Seyne. Un avion touch\u00e9 par la DCA l\u00e2che ses bombes sur Roumagnan. Autour des abris, les \u00e9clats tombent un peu partout. <a href=\"#_ftn56\">[56]<\/a> Ce m\u00eame jour un obus de Flak non \u00e9clat\u00e9 retombe au quartier Guigon ne faisant ni victime ni d\u00e9g\u00e2t. <a href=\"#_ftn57\">[57]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Du lundi 7 ao\u00fbt&nbsp; au samedi 12 ao\u00fbt<\/em><\/strong>.&nbsp; Les alertes se succ\u00e8dent. Des abris sont construits dans le village (abris souterrains recouverts de planches et de terre).&nbsp; Les objectifs sont les voies ferr\u00e9es, les routes principales et les batteries c\u00f4ti\u00e8res. \u00ab&nbsp;<em>Depuis quelques jours les bombardements sont plus nombreux. On sent qu\u2019un d\u00e9barquement se pr\u00e9pare, mais o\u00f9&nbsp;? La population du village est r\u00e9duite. Beaucoup de familles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es. Avec la famille Zurletti nous avons creus\u00e9 une tranch\u00e9e que nous avons couverte de t\u00f4les et de madriers. <\/em>\u00bb<em> <\/em><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn58\"><strong>[58]<\/strong><\/a>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dimanche 13 ao\u00fbt.<\/em><\/strong> &nbsp;A partir du 13 ao\u00fbt, trois groupes de combats a\u00e9riens de la 15<sup>e<\/sup> Air Force venant du sud de l\u2019Italie rejoignent la Corse (r\u00e9gion sud de Bastia \u2013 Aghione). Ces unit\u00e9s sont \u00e9quip\u00e9es de bombardiers bimoteurs en piqu\u00e9 Lightning P38 <a href=\"#_ftn59\"><strong>[59]<\/strong><\/a>&nbsp; qui vont harceler les positions ennemies par des frappes plus pr\u00e9cises. <a href=\"#_ftn60\"><strong>[60]<\/strong><\/a> Les objectifs militaires sont particuli\u00e8rement vis\u00e9s. Onze bombardiers Marauder du 319<sup>e<\/sup> Bomber Group prennent pour cible les batteries de Pierredon et de La Baou \u00e0 Sanary. On d\u00e9nombre 9 morts dans une ferme \u00e0 La Baou o\u00f9 la famille s\u2019\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9e dans la cave. La soir\u00e9e s\u2019ach\u00e8ve par d\u2019incessantes alertes, il faut rester pr\u00e8s des abris. Des matelas sont utilis\u00e9s pour passer la nuit sur place.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Journ\u00e9es du lundi 14 au lundi 21 ao\u00fbt : d\u00e9barquement et contournement de Toulon <\/h3>\n\n\n\n<p><em><strong>Lundi&nbsp; 14&nbsp; ao\u00fbt. <\/strong><\/em>Les Allemands&nbsp; demandent \u00e0 ce que tous les hommes valides de 16 \u00e0 60 ans&nbsp;soient recens\u00e9s en vue de travaux \u00e0 leur faire ex\u00e9cuter. Le maire de Six-Fours refuse ce recensement, il est arr\u00eat\u00e9 et emmen\u00e9 \u00e0 la Kommandantur o\u00f9 il restera jusqu\u2019\u00e0 17 heures. Alertes sur alertes, la r\u00e9gion est constamment survol\u00e9e par des avions, les Six-Fournais ne peuvent gu\u00e8re s\u2019\u00e9loigner de leurs abris. \u00ab&nbsp;<em>Les \u00e9v\u00e8nements se pr\u00e9cipitent depuis trois jours. Nous sommes constamment en alerte, avec de temps en temps des bombardements qui durent une ou deux heures. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn61\"><strong>[61]<\/strong><\/a>&nbsp;En fin d\u2019apr\u00e8s midi des avions de reconnaissance de la Luftwaffe rep\u00e8rent des convois de navires pr\u00e8s de la Corse faisant route vers le continent. Le fort de Six-Fours est mis en alerte dans la soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mardi&nbsp; 15&nbsp; ao\u00fbt.<\/em><\/strong> D\u00e9barquement des forces alli\u00e9es entre Le Lavandou et St-Tropez. L\u2019op\u00e9ration Anvil-Dragoon, pr\u00e9vue d\u00e8s la conf\u00e9rence de T\u00e9h\u00e9ran en novembre 1943, se compose de la 7<sup>e<\/sup> Arm\u00e9e Am\u00e9ricaine command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Patch et comprend \u00e9galement l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise B command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral de Lattre de Tassigny (cinq divisions d\u2019infanterie et deux divisions blind\u00e9es). Le dispositif comporte 600 bateaux de transport, 1270 p\u00e9niches et 250 navires de guerre. 2000 avions sont engag\u00e9s. Le soir du 15 ao\u00fbt, deux t\u00eates de pont sont assur\u00e9es et 100&nbsp;000 hommes d\u00e9barqu\u00e9s. L\u2019arm\u00e9e B de de Lattre ne d\u00e9barquera que le lendemain. <strong>A Six-Fours : <\/strong>\u00ab&nbsp;<em>Nous avons eu une nuit tourment\u00e9e avec de nombreux coups de canons et avions. Les gens quittent Reynier pour aller dans les bois avec des baluchons de toutes sortes. Ce matin nous avons consolid\u00e9 l\u2019abri. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn62\"><strong>[62]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mercredi&nbsp; 16 ao\u00fbt. <\/em><\/strong>\u00ab&nbsp;<em>Les bombardements en piqu\u00e9 avec des appareils anglais \u00e0 double fuselage <\/em><a href=\"#_ftn63\"><strong>[63]<\/strong><\/a> <em>qui apparaissent brusquement dans le ciel, piquent sur leur objectif de trois ou quatre directions diff\u00e9rentes. Nous avons tr\u00e8s bien vu la manoeuvre, surtout de notre emplacement&nbsp; de l\u2019h\u00f4tel du Rayon du Soleil. On a tr\u00e8s bien vu les \u00e9clatements de bombes, tous les emplacements de batteries qui se trouvent par l\u00e0 ont \u00e9t\u00e9 arros\u00e9s, le tir est beaucoup plus pr\u00e9cis, on se sent moins en danger qu\u2019avec les bombardiers lourds, malgr\u00e9 cela ils n\u2019ont pas atteint tous leurs objectifs et on doit rester sur la porte de l\u2019abri pour y rentrer d\u00e8s que n\u00e9cessaire. Cette s\u00e9ance a dur\u00e9 toute la matin\u00e9e et une grande partie de l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/em>&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn64\"><strong>[64]<\/strong><\/a> Vers 14 heures, un de ces bombardiers en piqu\u00e9, le Lightning P38 du major Franklin Robinson, est abattu, il s\u2019\u00e9crase au quartier Brunette \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Reynier. <a href=\"#_ftn65\"><strong>[65]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Jeudi&nbsp; 17&nbsp; ao\u00fbt.<\/em><\/strong> \u00ab<em>&nbsp;Dans la nuit nous sommes r\u00e9veill\u00e9s par des explosions d\u2019obus, les premiers tombent au Verger. Nous partons vite ma m\u00e8re et moi \u00e0 la tranch\u00e9e et nous assistons au pilonnage du fort par un torpilleur situ\u00e9 au large. On entend passer des avions toute la nuit. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn66\"><strong>[66]<\/strong><\/a><em> <\/em>Grosses explosions entendues depuis Six-Fours dans l\u2019apr\u00e8s midi : les Allemands font sauter les installations portuaires \u00e0 Toulon et La Seyne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vendredi&nbsp; 18&nbsp; ao\u00fbt. <\/em><\/strong>La DCA du fort tire sur trois vagues successives de bombardiers moyens Marauder B26 qui visent les objectifs situ\u00e9s sur la presqu\u2019\u00eele de Saint-Mandrier et en particulier les batteries \u00e0 longue port\u00e9e de C\u00e9pet (deux tourelles doubles de 340).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Samedi&nbsp; 19 ao\u00fbt<\/em>.<\/strong> Vers 11 heures, nouvelle attaque des bombardiers sur Saint-Mandrier par vagues de trois ou quatre formations de Marauders. Le B26&nbsp;n\u00b077&nbsp; de l\u2019escadrille \u00ab&nbsp;Franche Comt\u00e9&nbsp;\u00bb est abattu en fin de matin\u00e9e devant Sici\u00e9. Les six hommes de l\u2019\u00e9quipage <strong><a href=\"#_ftn67\">[67]<\/a> <\/strong>command\u00e9 par le Capitaine Lasnier-Lachaise r\u00e9ussissent \u00e0 sauter en parachute et regagnent la c\u00f4te o\u00f9 ils sont fait prisonniers par les Allemands et emmen\u00e9s dans la chapelle de Notre-Dame du Mai qui servira de prison. Transf\u00e9r\u00e9s le lendemain au fort Saint-Antoine, ils seront lib\u00e9r\u00e9s le 23 Ao\u00fbt <a href=\"#_ftn68\"><strong>[68]<\/strong><\/a>. Mitraillage en rase-mottes de la route Bandol-Sanary jusqu\u2019au garage des autocars \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de Sanary. <em>\u00ab&nbsp;Notre situation a encore empir\u00e9, nous sommes constamment bombard\u00e9s par les avions. Hier et aujourd\u2019hui, pendant le repas de midi, nous avons d\u00fb aller cinq fois dans l\u2019abri. Les bateaux de l\u2019escadre sont venus plusieurs fois bombarder les batteries c\u00f4ti\u00e8res que les Allemands ont install\u00e9es en grand nombre un peu partout.&nbsp;\u00bb <\/em><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn69\"><strong>[69]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Brusc_8_44-1024x796.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-694\" width=\"675\" height=\"523\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Brusc_8_44-300x233.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Brusc_8_44-2048x1591.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><figcaption><strong>Fig. 5 <\/strong>&#8211; Bombardement des L\u00f4nes vu du port du Brusc<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-684\" width=\"653\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-300x200.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-768x512.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri-1140x760.jpg 1140w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Lib_SF_abri.jpg 1598w\" sizes=\"auto, (max-width: 653px) 100vw, 653px\" \/><figcaption><strong>Fig. 6<\/strong> &#8211;  Abri r\u00e9alis\u00e9 par les commer\u00e7ants de Six-Fours le 20 ao\u00fbt 1944 dans &nbsp;les bois au sud&nbsp; du&nbsp; village (Document Mme Bonnet, Reynier). <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>Dimanche 20 ao\u00fbt.<\/em><\/strong><em> <\/em>\u00ab&nbsp;<em>La nuit a \u00e9t\u00e9 agit\u00e9e, pendant mon heure de quart de 11 heures \u00e0 1 heure, il y a eu des tirs de canons lourds presque constamment. Vers 7 heures 15, la canonnade&nbsp; commence au loin puis se rapproche peu \u00e0 peu, il s\u2019agit certainement de grosses pi\u00e8ces de marine tirant du large vers nous et les coups doivent atteindre sous la Bonne M\u00e8re du Mai, certainement dans la direction de la batterie de Peyras qui \u00e9tait \u00e9quip\u00e9e de grosses pi\u00e8ces. On voit une \u00e9norme poussi\u00e8re de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0. Au d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8s-midi gros bombardement a\u00e9rien probablement sur Six-Fours.&nbsp;Une grosse fum\u00e9e s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn70\"><strong>[70]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Lundi&nbsp; 21&nbsp; ao\u00fbt. <\/strong><\/em>Apr\u00e8s avoir contourn\u00e9 Toulon par M\u00e9ounes puis Le Beausset, les troupes de Lib\u00e9ration (7<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Chasseurs d\u2019Afrique du colonel Van Hecke) se dirigent vers Bandol et Sanary par la route du Plan du Castellet.&nbsp; Le peloton Gastines re\u00e7oit l\u2019ordre de reconna\u00eetre Bandol et Sanary mais il est arr\u00eat\u00e9 par la destruction du viaduc. Le peloton Caniot re\u00e7oit l\u2019ordre d\u2019atteindre Sanary par l\u2019int\u00e9rieur du pays et se dirige vers le ch\u00e2teau de la Milli\u00e8re<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>\u00ab&nbsp;<em>Nous apprenons <\/em>&#8212; \u00e9crit le lieutenant Caniot &#8212; <em>que l\u2019\u00e9norme&nbsp; fort de Six-Fours poss\u00e8de une puissante artillerie de marine servie par plusieurs centaines d\u2019hommes aux ordres d\u2019un colonel. Le fort de Six-Fours domine l\u2019ensemble du haut de ses 210 m\u00e8tres. Nous voyons, nous-m\u00eames, \u00e0 la jumelle, des silhouettes qui se profilent sur les superstructures de l\u2019ouvrage<a href=\"#_ftn71\"><strong>.<\/strong><\/a>&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn71\"><strong>[71]<\/strong><\/a><em> <\/em>Revenu au pont d\u2019Aran le peloton Caniot casse la cro\u00fbte lorsque, \u00ab&nbsp;<em>vers 14 heures, Six-Fours et ses batteries se d\u00e9cha\u00eenent sur les positions \u00e9chelonn\u00e9es du 2<sup>e<\/sup> peloton sur le pont d\u2019Aran&nbsp; et sur le carrefour du viaduc de Bandol. Sous le d\u00e9luge de feu et de fer, les \u00e9l\u00e9ments du peloton changent rapidement de position<\/em>.&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn72\"><strong>[72]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Sanary<\/strong>&nbsp;<em>: \u00ab&nbsp;Dans la matin\u00e9e on apprend que les Spahis fran\u00e7ais sont \u00e0 la Milli\u00e8re (Nord-Est de Sanary), c\u2019est confirm\u00e9 par la suite. Ils y seraient venus en reconnaissance avec trois petits chars et se seraient heurt\u00e9s \u00e0 la batterie allemande de Pierredon.<\/em> \u00bb&nbsp;<a href=\"#_ftn73\"><strong>[73]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Six-Fours&nbsp;<\/strong>: \u00ab&nbsp;<em>Ce matin <\/em>\u2013 note Paul Guion \u2013 <em>j\u2019ai trouv\u00e9 \u00e0 Reynier la famille B. en train de pr\u00e9parer leurs paquets pour se rendre \u00e0 Guigon. Pierre disait que 200 tanks \u00e9taient sur la route de Sanary, que la \u00ab&nbsp;R\u00e9sistance&nbsp;\u00bb s\u2019\u00e9tait empar\u00e9e de la mairie de la Seyne. Le soir, quand ils sont arriv\u00e9s, ils nous ont racont\u00e9 que la mairie de Reynier avait \u00e9t\u00e9 prise par la \u00ab&nbsp;R\u00e9sistance&nbsp;\u00bb, pour la plupart des jeunes de 16 \u00e0 20 ans. Ils ont tir\u00e9 des coups de revolver sur les Allemands.&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn74\"><strong>[74]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Journ\u00e9es du mardi 22 au dimanche 27 ao\u00fbt : lib\u00e9ration de Six-Fours<\/h3>\n\n\n\n<p><strong><em>Mardi&nbsp; 22&nbsp; ao\u00fbt.<\/em><\/strong> \u00ab&nbsp;<em>Vers 8 heures, la \u00ab&nbsp;R\u00e9sistance&nbsp;\u00bb a attaqu\u00e9 Six-Fours avec des revolvers, les Allemands ont ripost\u00e9 avec quelques rafales de mitrailleuse et un coup de canon. Suite aux actions de la &nbsp;\u00ab&nbsp;R\u00e9sistance&nbsp;\u00bb&nbsp; \u00e0 Six-Fours \u00ab&nbsp;Les Allemands, par repr\u00e9sailles, ont fait ce matin ouvrir le feu sur Reynier, la maison du docteur, l\u2019\u00e9glise, la Mairie et le quartier vieux ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s, la maison des B.&nbsp;\u00e9galement, il y a eu pas mal de bless\u00e9s Les mairies de La Seyne et Reynier ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau occup\u00e9es par les Allemands. Depuis ce matin, la canonnade n\u2019a pas cess\u00e9, en ce moment un b\u00e2timent tire du large sur Six-Fours.<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn75\"><strong>[75]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>\u00ab<em>&nbsp;Coups de canon sur le village. Vers 11 heures j\u2019entends une explosion et&nbsp; des obus passer au dessus de ma t\u00eate. Je m\u2019allonge contre un muret. D\u2019autres obus tombent sur Reynier. Les obus de petit calibre atteignent l\u2019\u00e9glise, la maison de Madame Gally, place de la mairie o\u00f9 Monsieur F\u00e9raut est bless\u00e9 par des \u00e9clats, la maison du docteur et la maison place des Poilus pr\u00e8s de la boulangerie.<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn76\"><strong>[76]<\/strong><\/a>&nbsp; Ma\u00eetre Granet signale la veille que \u00ab <em>la chapelle du Mai \u00e9tait en flammes.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 11 heures, les batteries de Six-Fours et de la Tourelle prennent \u00e0 partie le PC du 7<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Chasseurs d\u2019Afrique du colonel Van Hecke install\u00e9 \u00e0 l\u2019usine \u00e9lectrique du pont d\u2019Aran. Huit hommes sont bless\u00e9s et des v\u00e9hicules sont d\u00e9truits. Au pied du Gros Cerveau, quartier de Sainte-Ternide, un \u00e9l\u00e9ment d\u2019observation du 2<sup>e<\/sup> Spahis d\u00e9couvre, vers 16 heures, un c\u00e2ble \u00e9lectrique courant dans les vignes. Le c\u00e2ble est coup\u00e9 et le fort de Six-Fours ne re\u00e7oit plus d\u2019informations concernant les r\u00e9glages de tirs en provenance du Gros Cerveau. Les tirs deviennent impr\u00e9cis puis s\u2019arr\u00eatent. Les obus cessent de tomber sur le Val d\u2019Aran. <a href=\"#_ftn77\"><strong>[77]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mercredi&nbsp; 23&nbsp; ao\u00fbt.<\/em><\/strong> <strong>&nbsp;<\/strong>A Six-Fours, \u00ab&nbsp;<em>la nuit a \u00e9t\u00e9 relativement calme, mais \u00e0 la pointe du jour, ce sont les navires qui ont recommenc\u00e9 \u00e0 tirer leurs gros obus et la canonnade a repris de plus belle\u2026&nbsp;Les alli\u00e9s sont \u00e0 La Seyne et la journ\u00e9e sera chaude pour Reynier que tous les habitants ont quitt\u00e9, quelques-uns depuis quinze jours, pour vivre dans les bois. La canonnade a dur\u00e9 tout le jour, l\u2019apr\u00e8s-midi, un navire a de nouveau tir\u00e9 sur Six-Fours qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau atteint, mais le soir, de 9 \u00e0 10 heures, il a repris son tir sur une batterie de La Cride. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn78\"><strong>[78]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le peloton du lieutenant Caniot, dans la matin\u00e9e, installe son PC \u00e0 la Milli\u00e8re \u00e0 Sanary. Aid\u00e9 par deux parlementaires, M. Muhlethaler, citoyen suisse, et M. Roethlisberger, un Fran\u00e7ais qui se fait passer pour suisse (son fils est mort sur le front fran\u00e7ais en 1940), ils ont l\u2019intention d\u2019entrer en rapport avec les commandements ennemis du secteur. \u00ab&nbsp;<em>Le Fort de Six-Fours a une position trop solide pour capituler le premier. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn79\"><strong>[79]<\/strong><\/a><em> <\/em>Les Allemands des batteries du Colombet et de Pierredon se rendent.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Des obus passent au dessus de nos t\u00eates, tir\u00e9s de Sanary vers le fort du Peyras, sans nous d\u00e9ranger dans nos occupations. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn80\"><strong>[80]<\/strong><\/a>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Jeudi&nbsp; 24&nbsp; ao\u00fbt. <\/em><\/strong>\u00ab&nbsp;<em>Ce matin une batterie, situ\u00e9e \u00e0 sanary, a tir\u00e9 plusieurs coups au but sur Six-Fours, mais ce fort est tellement bien construit qu\u2019on ne pourra le d\u00e9truire que par la mer. Quelques quartiers ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par des tirs mal r\u00e9gl\u00e9s. A Reynier il para\u00eet que c\u2019est pavois\u00e9 de partout, mais les alli\u00e9s ne sont pas encore l\u00e0. Le pillage a commenc\u00e9 dans les postes abandonn\u00e9s par les Allemands.&nbsp; Marcel B. est all\u00e9 \u00e0 Sanary qui est occup\u00e9 par les Fran\u00e7ais et les S\u00e9n\u00e9galais, seulement Le Brusc qui est toujours occup\u00e9 tire sur Sanary. <\/em>\u00bb<strong>&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn81\"><strong>[81]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>La batterie de la Cride se rend \u00e0 20 heures apr\u00e8s discussion entre le commandant allemand et le colonel Van Hecke r\u00e9unis \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de la Tour \u00e0 Sanary. Les parlementaires helv\u00e9tiques prennent contact avec le colonel commandant le fort de Six-Fours qui accepte le principe d\u2019une reddition avec le colonel Van Hecke.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vendredi&nbsp; 25&nbsp; ao\u00fbt<\/em>.<\/strong> A Six-Fours,<em>\u00ab&nbsp;la nuit derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 une des plus mauvaises que nous ayons pass\u00e9e, nous sommes rest\u00e9s tout le temps dans l\u2019abri, une batterie tirait toutes les heures une rafale d\u2019obus de Sanary sur Six-Fours, cela faisait un bruit effroyable qui durait un quart d\u2019heure. Il para\u00eetrait que les Alli\u00e9s ont envoy\u00e9, ce matin, des parlementaires \u00e0 Six-Fours pour les inviter \u00e0 se rendre. La nuit derni\u00e8re, A. est all\u00e9 coucher dans un abri que les Allemands ont abandonn\u00e9 \u00e0 Cambaud, il en a rapport\u00e9 cinq caisses de biscuits qu\u2019il a distribu\u00e9s. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn82\"><strong>[82]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s midi, le colonel Van Hecke, accompagn\u00e9 des parlementaires helv\u00e9tiques,&nbsp;se rend au Fort pour n\u00e9gocier la reddition. La garnison allemande du fort accepte de capituler le 26 ao\u00fbt \u00e0 midi, apr\u00e8s avoir d\u00e9truit son mat\u00e9riel de guerre dans la matin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Samedi&nbsp; 26&nbsp; ao\u00fbt. <\/strong><\/em>A 9 heures des explosions secouent le village, suivies d\u2019un \u00e9pais nuage de fum\u00e9es&nbsp;noires r\u00e9sultant de la destruction des 6 pi\u00e8ces d\u2019artillerie (Flak de&nbsp;88mm) et des r\u00e9serves de munitions.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux jeeps se pr\u00e9sentent devant le fort dont celle du brigadier Godet, la voiture \u00ab&nbsp;Rochelle&nbsp;\u00bb servant de \u00ab&nbsp;guide&nbsp;\u00bb. La veille il accompagnait les parlementaires et \u00e9crit dans son t\u00e9moignage&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il fut d\u00e9cid\u00e9 que le colonel Van Hecke se pr\u00e9senterait \u00e0 11 heures pour recevoir la reddition des forces allemandes&#8230; A l\u2019heure pr\u00e9vue, le colonel Van Hecke se pr\u00e9senta devant la porte du fort qui avait \u00e9t\u00e9 ouverte. A c\u00f4t\u00e9 de moi au premier rang notre ami suisse et le colonel allemand, tendant son revolver au colonel fran\u00e7ais qui lui prit des mains&nbsp; et se retournant vers moi, me le donna\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn83\"><strong>[83]<\/strong><\/a>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le colonel Van Hecke est \u00e9galement accompagn\u00e9 par son chauffeur, le chasseur Mouraret, \u00e0 qui il donnera le poignard de l\u2019officier allemand. <a href=\"#_ftn84\"><strong>[84]<\/strong><\/a> A midi, les spahis du lieutenant Caniot sont sur l\u2019esplanade devant le fort. Les soldats allemands, officiers en t\u00eate, dans une tenue impeccable, sortent des murailles du fort.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;Six-Fours s\u2019est rendu, nous avons vu de La Conque les voitures des parlementaires, monter et descendre, Les Allemands ont demand\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire eux-m\u00eames le fort, nous avons entendu d\u2019abord 4 d\u00e9tonations qui ont \u00e9branl\u00e9 la maison, ensuite une quantit\u00e9 d\u2019autres moins fortes, c\u2019\u00e9tait un spectacle inoubliable&nbsp;: des nuages de fum\u00e9e noire, des \u00e9tincelles qui ont mis le feu \u00e0 tous les bois des alentours, cela a dur\u00e9 une demi-heure de 9 heures \u00e0 9 heures et demie. On entend \u00e0 chaque instant des d\u00e9tonations. Il y a encore quelques batteries qui r\u00e9sistent dans les environs. Nous avons vu, apr\u00e8s midi avec les jumelles, d\u00e9filer les prisonniers du fort, ils devraient \u00eatre 2 \u00e0 300.<\/em> <em>Nous n\u2019avons plus d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 depuis quinze jours et aucune nouvelle de l\u2019ext\u00e9rieur, pas de journaux.<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn85\"><strong>[85]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Vers 16 heures, les pelotons Martin et Mars du 3<sup>e<\/sup> escadron du R\u00e9giment d\u2019Infanterie Coloniale Marocaine, en provenance de Sanary, arrivent au carrefour du Pont du Brusc. Le peloton Mars tourne \u00e0 droite en direction du Brusc jusqu\u2019au Gaou pour proc\u00e9der \u00e0 la reddition de la batterie de la pointe Gueulois occup\u00e9e par les Allemands. A 17 heures, 3 officiers et 212 artilleurs de marine se rendent et sont escort\u00e9s comme prisonniers en direction de Sanary. Un civil croit reconna\u00eetre parmi les matelots les assassins de sa m\u00e8re, les suspects sont mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Cette affaire est rapidement r\u00e9gl\u00e9e sur la plage du Cros.<\/p>\n\n\n\n<p>A la m\u00eame heure les 2<sup>e<\/sup> et 3<sup>e<\/sup> Escadrons de Reconnaissance de chars l\u00e9gers du RICM d\u00e9passent Reynier en direction des Sablettes et sont accroch\u00e9s \u00e0 hauteur du Pas du Loup. Une patrouille du 1<sup>er<\/sup> Escadron se rend \u00e0 Janas pour parlementer et demande au commandant du fort de Peyras une reddition imm\u00e9diate. Pendant cette journ\u00e9e une mission est confi\u00e9e au colonel Voillemin commandant le 13<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais&nbsp;: nettoyer la presqu\u2019\u00eele de Sici\u00e9. Le 3<sup>e<\/sup> Bataillon du 13<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais stationne \u00e0 Six-Fours en fin d\u2019apr\u00e8s midi. <a href=\"#_ftn86\"><strong>[86]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Beaucoup de soldats s\u00e9n\u00e9galais sont camoufl\u00e9s dans les cypr\u00e8s du jardin Cautelier, quartier Antelme. Un officier nous conseille de ne pas les faire boire. Ils en ont assez de manger des conserves et demandent \u00e0 manger de la soupe. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn87\"><strong>[87]<\/strong><\/a>&nbsp;<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dimanche&nbsp; 27&nbsp; ao\u00fbt. <\/em><\/strong>\u00ab&nbsp;<em>La nuit a \u00e9t\u00e9 assez calme sauf un engagement d\u2019artillerie vers 10 h du soir et un autre \u00e0 5 h du matin. Nous sommes all\u00e9s d\u00eener \u00e0 Reynier qui est en liesse. Ce sont des Fran\u00e7ais et des S\u00e9n\u00e9galais accompagn\u00e9s d\u2019un grand nombre de voitures blind\u00e9es et de chars d\u2019assaut qui occupent la commune. Nous sommes enfin tranquilles sans d\u00e9g\u00e2t. <\/em>\u00bb <strong><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn88\">[88]<\/a>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>C\u2019est la Lib\u00e9ration&nbsp;! Vers 11 heures je descends dans Reynier o\u00f9 il y a une grande effervescence, des camions charg\u00e9s de soldats. C\u2019est la grande joie pour tous\u2026&nbsp; Distribution de viande de cheval \u00e0 tous.<\/em>&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn89\"><strong>[89]<\/strong><\/a> \u00ab&nbsp;<em>Nous montons au fort prendre livraison de chevaux pour le d\u00e9marrage de l\u2019agriculture et le ravitaillement du pays. <\/em>\u00bb <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn90\"><strong>[90]<\/strong><\/a>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"599\" src=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF-1024x599.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-693\" srcset=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF-1024x599.jpg 1024w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF-300x175.jpg 300w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF-768x449.jpg 768w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF-1140x666.jpg 1140w, https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Libe_SF.jpg 1165w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption><strong>Fig. 7<\/strong> &#8211;  Lib\u00e9ration de Six-Fours (Collection Jules Meurey, Archives D\u00e9partementales du Var) <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>A midi, le G\u00e9n\u00e9ral de Lattre de Tassigny entre officiellement dans Toulon lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. Les Lendemains de Lib\u00e9ration et le bilan<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la lib\u00e9ration de la commune, le 26 ao\u00fbt, le Comit\u00e9 Local de Lib\u00e9ration prend le pouvoir abandonn\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>par le conseil municipal vichyssois<\/em>&nbsp;\u00bb note un rapport de police le 12 septembre 1944. <a href=\"#_ftn91\"><strong>[91]<\/strong><\/a><em> \u00ab&nbsp;Les tendances politiques du comit\u00e9 sont plus avanc\u00e9es que celles de l\u2019ancienne<\/em> <em>municipalit\u00e9 <\/em>[\u00e9lue en 1935]<em>. Mais cela r\u00e9pond aux sentiments de la population qui approuve la d\u00e9signation de ses nouveaux administrateurs.&nbsp;<\/em>\u00bb <a href=\"#_ftn92\"><strong>[92]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le 19 octobre 1944, un arr\u00eat\u00e9 sign\u00e9 du pr\u00e9fet du Var Sarrie installe la D\u00e9l\u00e9gation Municipale Provisoire dont le pr\u00e9sident est L\u00e9on Laffont. La s\u00e9ance inaugurale se tient le 25 octobre 1944 sous la pr\u00e9sidence de Robert Parent, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par L\u00e9on Laffont, emp\u00each\u00e9 dans ses nouvelles fonctions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 19 novembre 1944, un arr\u00eat\u00e9 instaure la D\u00e9l\u00e9gation Municipale avec comme pr\u00e9sident Robert Parent.&nbsp;Il sera \u00e9lu maire aux \u00e9lections de mai 1945.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux \u00e9lections de 1947, Eug\u00e8ne Montagne, maire de 1935 \u00e0 1941, sera de nouveau \u00e9lu maire de Six-Fours. Il le restera jusqu&rsquo;en 1965.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan de la guerre para\u00eet difficile \u00e0 \u00e9tablir avec certitude. Sur le plan mat\u00e9riel, un rapport \u00e9tabli par la mairie en d\u00e9cembre 1944 <a href=\"#_ftn93\"><strong>[93]<\/strong><\/a> fait \u00e9tat de 235 immeubles d\u00e9truits par les autorit\u00e9s allemandes. Les quartiers de Bellevue, des Hoirs, Sauviou, Cabry, Puirat sont enti\u00e8rement d\u00e9truits.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan humain, les r\u00e9sultats de l\u2019enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 1949 sur l\u2019histoire de l\u2019occupation et de la lib\u00e9ration du d\u00e9partement du Var et transmise dans chaque commune, donnent les chiffres suivants pour Six-Fours&nbsp;: 20 morts pour faits de guerre <a href=\"#_ftn94\"><strong>[94]<\/strong><\/a>, 88 prisonniers de guerre au total. Parmi ces prisonniers, 27 sont rentr\u00e9s avant la fin du conflit, 57 apr\u00e8s la capitulation allemande (mai 1945), 4 sont morts en captivit\u00e9 dont 2 en Allemagne.<a href=\"#_ftn95\"><\/a> 12 jeunes Six-Fournais ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s en Allemagne au titre du STO. <a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-admin\/post.php?post=297&amp;action=edit#_ftn95\"><strong>[95]<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>. On ne lira pas ici une histoire exhaustive de la commune de Six-Fours durant la seconde guerre mondiale. Seuls quelques \u00e9l\u00e9ments sont \u00e9voqu\u00e9s. A chaque fois que cela a \u00e9t\u00e9 possible, les documents originaux ont \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s afin de donner la parole aux acteurs et aux t\u00e9moins de cette p\u00e9riode dramatique.<\/li><li><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a>. &nbsp;J-M&nbsp; GUILLON. 1994.<\/li><li><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a>.&nbsp; Archives Communales de Six-Fours, cote AC 2D48.<\/li><li><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>.&nbsp; AC 4H17.<\/li><li><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a>. &nbsp;AC 4H16-AC 4H 18.<\/li><li><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a>. Eug\u00e8ne Montagne (1886-1969) est maire de Six-Fours de 1935 \u00e0 1941 puis de 1947 \u00e0 1965. L\u2019\u00e9cole communale de la Coudouri\u00e8re qu\u2019il inaugure en 1936 porte aujourd\u2019hui son nom.<\/li><li><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a>. &nbsp;Archives&nbsp; D\u00e9partementales, cote AD&nbsp;1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a>. St\u00e8le au village de Rocbaron.<\/li><li><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a>.  Revue<em> Batailles A\u00e9rienes<\/em>,&nbsp;n\u00b0 11, janvier 2000.<\/li><li><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a>. Dans les AC, cote 4H25, on note&nbsp;: d\u00e9c\u00e9d\u00e9&nbsp; le 14 juin 1940.<\/li><li><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a>. Voir Annexe I.<\/li><li><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a>. AD&nbsp;1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a>. AD&nbsp;1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a>.&nbsp;AD&nbsp; 1 W53&nbsp;: Composition de la municipalit\u00e9: maire&nbsp;: Marquand Jules&nbsp;; 1\u00b0Adjoint&nbsp;: Caire Camille. 2<sup>e<\/sup> Adjoint&nbsp;: Tubert Louis. Conseillers municipaux&nbsp;: Boyanc\u00e9 Paul ; Cautellier Andr\u00e9 ; Curet C\u00e9lestin ; Fournier Vincent ; Guion Paul ; Guiraudenc Jean ; Mme Jouglas Sylvia ; Lartigue Jean ; Le Dennat Joseph ; Morland Calixte ; Ravel Ernest ; Relu L\u00e9once ; Turcan F\u00e9lix ; Hugues Baptistin ; Cretin Jules.<\/li><li><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a><strong>.&nbsp; <\/strong>AD&nbsp; 1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a>. &nbsp;AD 2W30.<\/li><li><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a>. &nbsp;Victor MASSON .1983.<\/li><li><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a>.&nbsp; Jean-Marie GUILLON. 1994. Voir aussi&nbsp;: <em>Sanary<\/em>, 2005, p.357 et sq.<\/li><li><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a>.&nbsp;&nbsp; Pour ces \u00e9v\u00e9nements, voir&nbsp; <em>Cahier du Patrimoine Ouest Varois<\/em>, n\u00b010. 2004.<\/li><li><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a>. &nbsp;&nbsp;AC 4H57.<\/li><li><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a>. &nbsp;&nbsp;AC 4H81.<\/li><li><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a>. &nbsp;AC 4H85.<\/li><li><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a><strong>. &nbsp;<\/strong>AC 4H81.<\/li><li><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a>.&nbsp; Voir aussi <em>Cahiers du Patrimoine Ouest Varois<\/em>, n\u00b0 10, Sanary,&nbsp; page 360.<\/li><li><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a>. &nbsp;Michel Cruciani, 1987.&nbsp; Saib\u00e8ne, 1992.<\/li><li><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a>.&nbsp; AD 1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a>. R\u00e9quisitions prises en parall\u00e8le avec Sanary (plan d\u2019\u00e9vacuation dat\u00e9 du 6 avril 1943). Voir <em>Cahier du&nbsp; Patrimoine Ouest Varois<\/em>, <em>N\u00b0 10<\/em> , pp. 364-365.<\/li><li><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a>. &nbsp;AD 1W66.<\/li><li><a href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a>.&nbsp; AD 2W31.<\/li><li><a href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a>.&nbsp; Michel Cruciani , 1987.&nbsp; Saib\u00e8ne, 1992.<\/li><li><a href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a>.&nbsp; AD 1 W 63.<\/li><li><a href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a>. \u00ab&nbsp;<em>Avec des v\u00eatements civils donn\u00e9s par la population \u00e0 la demande de la R\u00e9sistance.&nbsp;\u00bb <\/em>T\u00e9moignage de M. Jacques Martina-Fieschi&nbsp;: <em>Cahier du Patrimoine Ouest Var<\/em>, n\u00b07 &#8211; Ollioules<\/li><li><a href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a>. Michel Cruciani. 1987&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>\u00e0 la fin du mois de novembre 1943 la d\u00e9fense a\u00e9rienne de la place toulonnaise comprend 12 batteries repr\u00e9sentant une puissance de feu consid\u00e9rable, soit 4 tubes de 100 mm, 38 ou 39 tubes de 88 mm, 13 de 37 mm et 7 de 20 mm. La plupart des batteries sont alors \u00e9quip\u00e9es du fameux 88mm Flak 36 pouvant \u00eatre tout aussi bien utilis\u00e9,&nbsp; et avec une remarquable efficacit\u00e9,&nbsp; contre les avions volant \u00e0 haute altitude (4000 m et plus) que contre les chars, il peut \u00e9galement servir de canon de campagne ou de batterie c\u00f4ti\u00e8re\u2026 Pour accro\u00eetre les chances de succ\u00e8s, les 88 mm sont group\u00e9s la plupart du temps (comme c\u2019est le cas pour Six-Fours) par batterie de 4 ou 6 pi\u00e8ces\u2026 En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale le 88 mm Flak tire des projectiles fusants dont l\u2019\u00e9clatement d\u00e9truit un appareil dans un rayon de 10 m\u00e8tres et&nbsp; peut gravement l\u2019endommager dans un rayon de 180 m\u00e8tres par la projection de quelques 1500 \u00e9clats<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/li><li><a href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a>. &nbsp;AC 4H 84.<\/li><li><a href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a>. &nbsp;Michel Cruciani, 1987.<\/li><li><a href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a>. &nbsp;&nbsp;Michel Cruciani, 1987.<\/li><li><a href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a>. &nbsp;AD 1W66.<\/li><li><a href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a>.&nbsp;&nbsp;AD 1 W 95.<\/li><li><a href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a>.&nbsp; AD 1W 5.<\/li><li><a href=\"#_ftnref40\">[40]<\/a>. &nbsp;Benjamin VALLOTTON. 1945. p.186.<\/li><li><a href=\"#_ftnref41\">[41]<\/a>. &nbsp;Jacques VERD. 1945. p.120.<\/li><li><a href=\"#_ftnref42\">[42]<\/a>. &nbsp;AC 4H55.&nbsp; Apr\u00e8s la lib\u00e9ration, les op\u00e9rations de d\u00e9minage, faute de mat\u00e9riel de d\u00e9tection, prendront beaucoup de temps et seront assur\u00e9es en grande partie par des prisonniers (allemands ou polonais) volontaires. Elles feront de nombreuses victimes.<\/li><li><a href=\"#_ftnref43\">[43]<\/a>. &nbsp;AD&nbsp;1J art 68-2.&nbsp;Fonds Victor Masson.<\/li><li><a href=\"#_ftnref44\">[44]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage de Jacques Chabert. 1997.<\/li><li><a href=\"#_ftnref45\">[45]<\/a>.&nbsp; Jacques VERD. 1945.<\/li><li><a href=\"#_ftnref46\">[46]<\/a>. &nbsp;Giacomin Albert, demeurant quartier Sainte-Anne \u00e0 Toulon, \u00e2g\u00e9 de 23 ans. &#8211; Gibelin Marcelle du quartier Antelme \u00e0 Six-Fours, \u00e2g\u00e9e de 17 ans.- Merlane Catherine \u00e9pouse Gottoli, \u00e2g\u00e9e de 44 ans, du quartier Peyret \u00e0 Six-Fours.- N\u00e8gre Fortun\u00e9 \u00e2g\u00e9 de 20 ans du quartier Saint Roch \u00e0 Sanary.- Duman Charles \u00e2g\u00e9 de 32 ans.- Pitot Marguerite, de Lyon, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de La Seyne.<\/li><li><a href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a>.&nbsp; Serraglini Hector \u00e2g\u00e9 de 24 ans.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/li><li><a href=\"#_ftnref48\">[48]<\/a>.&nbsp; AD 2W59.<\/li><li><a href=\"#_ftnref49\">[49]<\/a>.&nbsp; Rosini Pierre, n\u00e9 en 1925 \u00e0 Nice.<\/li><li><a href=\"#_ftnref50\">[50]<\/a>. Le 23 mai 1944 le g\u00e9n\u00e9ral Blaskowitz&nbsp; assurant le commandement du groupe d\u2019arm\u00e9e G et l\u2019amiral Ruhfus inspectent le secteur Cote d\u2019Azur. Voir \u00e0 ce sujet Cahier&nbsp; du Patrimoine Ouest Varois N\u00b010.<\/li><li><a href=\"#_ftnref51\">[51]<\/a>.&nbsp; AD 1W67.<\/li><li><a href=\"#_ftnref52\">[52]<\/a>. Le 17 juin les Allemands font sauter la jet\u00e9e au Brusc. Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, des tranch\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9es dans le secteur de La Citadelle par les prisonniers italiens et des Fran\u00e7ais r\u00e9quisitionn\u00e9s, des mines antichars ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es sur le chemin du Gaou notamment, dans l\u2019attente d\u2019un d\u00e9barquement \u00e9ventuel. T\u00e9moignage de monsieur Emile Dod\u00e9ro (2006), disposant des notes prises par son oncle, Marius Dod\u00e9ro, au jour le jour durant la guerre.<\/li><li><a href=\"#_ftnref53\">[53]<\/a>. &nbsp;AD&nbsp; 37J.&nbsp; Un officier allemand analyse la situation c\u00f4t\u00e9 allemand<em>. <\/em>(Voir Annexe III).<\/li><li><a href=\"#_ftnref54\">[54]<\/a>. &nbsp;AD 1. J. Art 68.&nbsp; Rapport certifi\u00e9 exact par le capitaine Salvatori, chef FFI, Toulon.<\/li><li><a href=\"#_ftnref55\">[55]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit de Paul Guion, adjoint au maire de Six-Fours. Septembre 1944.<\/li><li><a href=\"#_ftnref56\">[56]<\/a>&nbsp; T\u00e9moignage de Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref57\">[57]<\/a> &nbsp;AD 1W82&nbsp;: lettre du maire de Six-Fours au pr\u00e9fet.<\/li><li><a href=\"#_ftnref58\">[58]<\/a>&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit d\u2019Yves R\u00e9petto. 2005.<\/li><li><a href=\"#_ftnref59\">[59]<\/a>&nbsp; Que les Allemands appellent <em>Gabelschwanzteufel <\/em>: diable \u00e0 deux queues.<\/li><li><a href=\"#_ftnref60\">[60]<\/a>&nbsp; Rapports de missions 14<sup>e<\/sup> FG, National Archives,&nbsp; Wachington DC.<\/li><li><a href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a>&nbsp; T\u00e9moignage&nbsp; de Paul Guion.&nbsp;1944.<\/li><li><a href=\"#_ftnref62\">[62]<\/a>&nbsp; T\u00e9moignage&nbsp; de Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref63\">[63]<\/a>.&nbsp; Lightning P-38, souvent d\u00e9crit par les t\u00e9moins comme avions britanniques \u00e0 deux queues.<\/li><li><a href=\"#_ftnref64\">[64]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage de Ma\u00eetre Granet, notaire \u00e0 Sanary. 1981.<\/li><li><a href=\"#_ftnref65\">[65]<\/a>.&nbsp; Voir&nbsp; annexe II : Document sur le major Franklin L. Robinson.<\/li><li><a href=\"#_ftnref66\">[66]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage d\u2019Yves R\u00e9petto.<\/li><li><a href=\"#_ftnref67\">[67]<\/a>.&nbsp; En r\u00e9alit\u00e9 7 hommes, le colonel commandant la 34<sup>e<\/sup> escadre s\u2019\u00e9tait joint \u00e0 eux.<\/li><li><a href=\"#_ftnref68\">[68]<\/a>. &nbsp;Daniel DECOT, &nbsp;\u00ab\u00a0Le d\u00e9barquement\u00a0\u00bb- dans <em>Revue Icare,<\/em> n\u00b0 111,&nbsp; 1982, Tome III.&nbsp;<\/li><li><a href=\"#_ftnref69\">[69]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage de Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref70\">[70]<\/a>&nbsp; T\u00e9moignage de Ma\u00eetre Granet \u00e9voquant l\u2019intervention des bateaux des forces Alli\u00e9es.<\/li><li><a href=\"#_ftnref71\">[71]<\/a>.&nbsp; Journal de marche du 4<sup>e<\/sup> Escadron de Reconnaissance du 2<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Spahis Alg\u00e9riens \u2013 2<sup>e<\/sup> Peloton du Lieutenant Caniot.<\/li><li><a href=\"#_ftnref72\">[72]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage du Lieutenant Caniot.<\/li><li><a href=\"#_ftnref73\">[73]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage de Ma\u00eetre Granet.<\/li><li><a href=\"#_ftnref74\">[74]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref75\">[75]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref76\">[76]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage d\u2019Yves R\u00e9petto.<\/li><li><a href=\"#_ftnref77\">[77]<\/a>.&nbsp; Gaujac Paul.&nbsp; 1984 &#8211; pp. 300 \u00e0 309.<\/li><li><a href=\"#_ftnref78\">[78]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref79\">[79]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage du lieutenant Caniot.<\/li><li><a href=\"#_ftnref80\">[80]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage d\u2019Yves R\u00e9petto.<\/li><li><a href=\"#_ftnref81\">[81]<\/a>. &nbsp;T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref82\">[82]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref83\">[83]<\/a>. &nbsp;&nbsp;T\u00e9moignage de&nbsp; Jacques Godet. 1994.<\/li><li><a href=\"#_ftnref84\">[84]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage de Monsieur Mouraret, cit\u00e9 par Michel CRUCIANI. 1987. p 246.<\/li><li><a href=\"#_ftnref85\">[85]<\/a>.&nbsp;&nbsp; T\u00e9moignage de Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref86\">[86]<\/a>. &nbsp;&nbsp;Paul Gaujac. 1984. pp. 300 \u00e0 309.<\/li><li><a href=\"#_ftnref87\">[87]<\/a>.&nbsp; T\u00e9moignage d\u2019Yves R\u00e9petto.<\/li><li><a href=\"#_ftnref88\">[88]<\/a>.&nbsp;&nbsp; T\u00e9moignage \u00e9crit par Paul Guion.<\/li><li><a href=\"#_ftnref89\">[89]<\/a>.&nbsp;&nbsp; T\u00e9moignage d\u2019Yves R\u00e9petto.<\/li><li><a href=\"#_ftnref90\">[90]<\/a>. &nbsp;&nbsp;T\u00e9moignage du brigadier Aim\u00e9 Long&nbsp;: AD 1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref91\">[91]<\/a>.&nbsp; AD 1W53.<\/li><li><a href=\"#_ftnref92\">[92]<\/a>. &nbsp;AD 1W53. Composition du Comit\u00e9 local de lib\u00e9ration constitu\u00e9 le 26 ao\u00fbt&nbsp;: Pr\u00e9sident&nbsp;: Preneel Alfred.&nbsp; Membres&nbsp;: Blanc Eug\u00e8ne ; Bergala Fran\u00e7ois ;&nbsp; Bruna Gustave ;&nbsp; Cassabel L\u00e9on ;&nbsp; Delgrossi Louis ; Girard Eug\u00e8ne ; Long Aim\u00e9 ;&nbsp; Mace Andr\u00e9 ; Roy Jean ; Simian Louis ; Turcan Joseph.<\/li><li><a href=\"#_ftnref93\">[93]<\/a>. &nbsp;AC 4H 50.<ul><li><a href=\"#_ftnref94\">[94]<\/a>.&nbsp; Liste des personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es&nbsp;: Ainardi Jean. Alibert Elisa. Berne Lucien, soldat de 2<sup>e<\/sup> classe. Prisonniers de guerre : Cautelier L\u00e9on. Coullet Simon C\u00e9lestin, soldat au 9<sup>e<\/sup> R\u00e9giment de Tirailleurs Marocains. Dubey Andr\u00e9-Pierre, soldat 6<sup>e<\/sup> C.A.A. Fouque Bienvenu, STO. Guido Fran\u00e7ois, sergent. Guillaume Jean, sergent FTP. Rame Fernand, caporal-chef. Robert Jean, capitaine d\u2019aviation de reconnaissance ( G. R. 1\/35). Roman Alfed Marius, soldat au 15<sup>e<\/sup> escadron du train des \u00e9quipages militaires. Roux Firmin, lieutenant. Cinq personnes (un agent technique et 4 ouvriers de la Direction des Constructions et Armes Navales) sont tu\u00e9es en novembre 1944 lors de travaux de d\u00e9minage&nbsp;: Artaud Lucien, Canale Marius, Cuerq Roger, Michel Aim\u00e9 et Ollivieri Ange.<\/li><\/ul><\/li><li><a href=\"#_ftnref95\">[95]<\/a>. &nbsp;AD1W94.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Cet article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir des panneaux expos\u00e9s <br>pour le 75<sup>e<\/sup> anniversaire de la lib\u00e9ration de Six-Fours-la-Plage, <br>le 25 ao\u00fbt 2019, et r\u00e9alis\u00e9s avec le concours de la ville de Six-Fours-les Plages. <br>Merci en particulier :<\/p><cite>A M. <strong>Denis PERRIER<\/strong>, Conseiller aux Anciens Combattants et au Devoir de M\u00e9moire, <br>A M. <strong>Gilles BREIL <\/strong><br>et au service communication de la ville de Six-Fours-les-Plages.   <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file aligncenter\"><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Panneaux-liberation-SF-3.pdf\">Pour acc\u00e9der aux Panneaux :<\/a><a href=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/Panneaux-liberation-SF-3.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n    <div class=\"masteqr-postwarpper\" id=\"masteqr-wrap6a0b6b91bda76\"><div style=\"text-align:center\" id=\"masteqr-post6a0b6b91bda76\" class=\"masteqr-post\"  data-size=\"100\" data-content=\"https:\/\/histoire-six-fours.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297\"><\/div><div class =\"mqrbtnalign\" style=\"    display: flex;justify-content:center\"><div style=\"width:100px;display:flex;align-items: center;justify-content: center;font-size: small\">\n                <\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteurs : Jacqueline Viollet-Repetto et Claude Majastre [1] En 1939, Six-Fours La Plage compte environ&nbsp;4000 habitants. C\u2019est une commune essentiellement agricole (vignes, cultures mara\u00eech\u00e8res l\u2019\u00e9t\u00e9 et florales l\u2019hiver) o\u00f9 vivent, cependant, un grand nombre d\u2019ouvriers travaillant \u00e0 l\u2019arsenal de Toulon ou aux Forges et Chantiers de la M\u00e9diterran\u00e9e. 1. De la mobilisation \u00e0 la signature de l\u2019armistice&nbsp;(ao\u00fbt 1939 &#8211; juin 1940) Le 1er septembre 1939, l\u2019invasion de la Pologne par les troupes allemandes sonne le glas de la paix. L\u2019ordre de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale est donn\u00e9. Tandis que le Royaume-Uni et la France d\u00e9clarent la guerre \u00e0 l\u2019Allemagne le 3 septembre, le Var est plac\u00e9 dans la zone des arm\u00e9es et Six-Fours fait partie du camp retranch\u00e9 de Toulon [2]. Le registre de correspondances adress\u00e9es par la municipalit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9fecture [3]&nbsp;traduit bien l\u2019atmosph\u00e8re des premiers mois de guerre. L\u2019heure est \u00e0 la d\u00e9fensive et \u00e0 la suspicion. Les attaques a\u00e9riennes et l\u2019utilisation des gaz sont particuli\u00e8rement redout\u00e9es [4]. L&rsquo;arr\u00eat\u00e9 municipal concernant les mesures \u00e0 prendre pour la protection individuelle en cas de menace de bombardement a\u00e9rien, l&rsquo;achat de masques \u00e0 gaz [5] et l&rsquo;organisation de la d\u00e9fense passive, en charge de la protection civile et confi\u00e9e au sergent de ville Romain Jauffret, comptent parmi les premi\u00e8res mesures prises par la municipalit\u00e9 de gauche dirig\u00e9e par Eug\u00e8ne Montagne [6]. Les premi\u00e8res r\u00e9quisitions ont lieu pour le compte des autorit\u00e9s militaires&nbsp;: automobiles, immeubles, comme par exemple Le Rayon de soleil&nbsp;d\u00e8s le 9 septembre pour un officier&nbsp;et le cantonnement de 17 personnes, ou encore maisons individuelles pour loger des soldats. Mais, si l\u2019\u00e9motion est \u00e0 son comble en cette fin d\u2019\u00e9t\u00e9, elle s\u2019\u00e9mousse progressivement au cours des mois suivants. Le danger semble s\u2019\u00e9loigner. Ce sentiment est partag\u00e9 par beaucoup, y compris par de nombreux responsables politiques. Le maire s\u2019en \u00e9meut. D\u00e9but d\u00e9cembre 1939, une affiche de mobilisation tch\u00e9coslovaque est placard\u00e9e \u00e0 la porte de la mairie. Le maire r\u00e9pond tr\u00e8s favorablement \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer les demandes de naturalisation en vue d\u2019\u00eatre enr\u00f4l\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il estime pouvoir pr\u00e9senter les dossiers de 20 \u00e0 30 hommes. Mais il d\u00e9chante rapidement en constatant que ces dossiers reviennent accompagn\u00e9s de notices de renseignements confidentiels comme s\u2019il s\u2019agissait de demandes ordinaires de naturalisations. \u00ab&nbsp;En bons Fran\u00e7ais, &#8212; d\u00e9clare-t-il &#8212; nous regrettons, mes collaborateurs et moi, de voir ainsi mettre un frein \u00e0 la volont\u00e9 qu\u2019ont certains \u00e9trangers de venir combattre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nos fils&nbsp;\u00bb. La m\u00e9fiance est \u00e0 l\u2019ordre du jour. Les communistes et les \u00e9trangers \u00e0 la commune en font particuli\u00e8rement les frais.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les effets du pacte germano-sovi\u00e9tique sign\u00e9 le 23 ao\u00fbt 1939 perdurent. Apr\u00e8s la dissolution du parti communiste et l\u2019arrestation de ses deux d\u00e9put\u00e9s du Var, les militants signal\u00e9s font l\u2019objet d\u2019enqu\u00eates ordonn\u00e9es par la pr\u00e9fecture. Fin novembre 1939, en r\u00e9ponse \u00e0 une lettre du pr\u00e9fet, le maire certifie que \u00ab&nbsp;L\u00e9ger Paul, domicili\u00e9 au quartier de la Reppe, \u00e9tait inscrit au PC o\u00f9 il \u00e9tait un des principaux membres actifs&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;qu\u2019une grande partie des membres du PCF fr\u00e9quentant le bar Bonnus sont mobilis\u00e9s&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;L\u2019espionnite&nbsp;\u00bb s\u00e9vit. Plusieurs rapports de police font \u00e9tat de lettres de d\u00e9nonciations. \u00ab&nbsp;Mme M. demeurant au hameau du Brusc m\u2019a inform\u00e9 \u2013 d\u00e9clare le commissaire de police &#8212; que deux individus se disant r\u00e9fugi\u00e9s polonais et demeurant au Brusc lui ont paru suspects du point de vue national. Il y a quelques jours les deux personnages susdits \u00e0 l\u2019aide d\u2019une jumelle puissante avaient l\u2019air de s\u2019int\u00e9resser aux \u00e9volutions d\u2019un bateau dans le genre de ceux de Tamaris et qui se trouvait dans les eaux de la rade du Brusc&#8230;&nbsp;\u00bb Les Italiens, tr\u00e8s nombreux dans le Var &#8211; quarante-cinq mille &#8211; et dans la commune sont particuli\u00e8rement suspect\u00e9s. Au fil des mois, comme l\u2019ensemble des Fran\u00e7ais, les Six-Fournais s\u2019installent dans une passivit\u00e9 r\u00e9sign\u00e9e. Ils sont confront\u00e9s aux&nbsp; premi\u00e8res difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement. En janvier 1940, la commune manque compl\u00e8tement de bois et de charbon, les \u00e9coles ne peuvent plus \u00eatre chauff\u00e9es. Les restrictions s\u2019\u00e9tendent \u00e0 de nombreux produits, alcool, essence, viande et, au printemps 1940, une soupe gratuite est distribu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole du Brusc. L\u2019invasion de la France par l\u2019arm\u00e9e allemande en mai 1940&nbsp; et \u00ab&nbsp;le coup de poignard dans le dos&nbsp;\u00bb que constitue la d\u00e9claration de guerre de l\u2019Italie \u00e0 la France le 10 juin provoquent dans le Var, comme ailleurs, un sursaut, de courte dur\u00e9e cependant. Le pr\u00e9fet adresse au maire, en mai 1940, une circulaire l\u2019invitant \u00e0 constituer un groupe de gardes civiques afin de prot\u00e9ger la population. La r\u00e9ponse faite par le maire laisse peu de doute sur l\u2019efficacit\u00e9 de cette mesure : \u00ab&nbsp; devan\u00e7ant toutes les instructions, nous avons song\u00e9 d\u00e8s les premiers jours de la guerre \u00e0 surveiller les infractions sur l\u2019\u00e9clairage, les r\u00e9coltes laiss\u00e9es sur pied par les mobilis\u00e9s, les fermes isol\u00e9es, les personnages inconnus dans la commune ou paraissant suspects. Nous avons \u00e9t\u00e9 une des rares communes \u00e0 constituer cette police suppl\u00e9mentaire \u00e0 compter du commencement de septembre. Les hommes \u00e9taient munis de brassards et arm\u00e9s d\u2019un fusil de chasse qui, \u00e0 ce moment, nous paraissait suffisant. Vous conformant aux r\u00e8glements, vous nous avez fait savoir que \u00ab&nbsp;vous n\u2019\u00e9tiez pas partisan d\u2019armer les policiers civiques&nbsp;\u00bb, nous avons aussit\u00f4t avis\u00e9 nos volontaires et les avons pri\u00e9s d\u2019effectuer leurs rondes sans armes. Ne voulant pas exposer leur vie, les volontaires ont abandonn\u00e9 la t\u00e2che qu\u2019ils avaient librement accept\u00e9e. Leur nombre alla en d\u00e9croissant et finit par tomber \u00e0 z\u00e9ro au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Leur chef, M. Quin, commissaire central de police en retraite nous a avou\u00e9 qu\u2019ils \u00e9taient d\u00e9courag\u00e9s\u2026&nbsp;\u00bb Le d\u00e9couragement s\u2019accompagne d\u2019une m\u00e9fiance&nbsp; accrue \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Italiens r\u00e9sidant dans la commune. Plusieurs rapports de police font \u00e9tat de d\u00e9nonciations de propos favorables \u00e0 Mussolini ou de propos d\u00e9faitistes. Un individu domicili\u00e9 au Brusc, d\u2019origine italienne, naturalis\u00e9, est accus\u00e9 d\u2019\u00eatre un espion \u00e0 la solde de l\u2019Italie. [7] Les attaques a\u00e9riennes italiennes sur Toulon et sa r\u00e9gion \u00e0 partir du 12 juin 1940 accentuent l\u2019italophobie de certains. Lointaine jusqu\u2019alors, la guerre touche brutalement la r\u00e9gion. Le 12 juin, en effet, vers 22h30, trois avions italiens survolent la r\u00e9gion toulonnaise. La DCA r\u00e9agit violemment : un des avions aurait \u00e9t\u00e9 vu tombant \u00e0 la mer au sud de Sanary. Un peu plus tard dans la nuit, d\u2019autres bombardiers italiens attaquent le terrain d\u2019aviation Le Palyvestre de Hy\u00e8res et l\u2019usine de torpilles de Saint-Tropez. Le 13, dix-sept bombardiers attaquent le port de Toulon. A nouveau, la DCA disperse la formation et les bombes l\u00e2ch\u00e9es au hasard ne font que peu de d\u00e9g\u00e2ts. Le 15, les terrains d\u2019aviation de Cuers et du Luc sont \u00e0 leur tour attaqu\u00e9s par 23 bombardiers italiens escort\u00e9s de 15 chasseurs. Le second ma\u00eetre Le Bihan [8] de l\u2019escadrille AC3 bas\u00e9e \u00e0 Cuers-Pierrefeu jette son avion, un Bloch 151[9],&nbsp; sur l\u2019ennemi. Il d\u00e9c\u00e9dera dans la soir\u00e9e. L\u2019\u00e9vacuation de la population civile de Toulon est ordonn\u00e9e le 20. Le lendemain, un avion italien jette cinq bombes sur les salins d\u2019Hy\u00e8res. A Six-Fours, gr\u00e2ce \u00e0 ses quatre batteries anti-a\u00e9riennes \u00e9quip\u00e9es de canons de 90 mm, le fort participe activement \u00e0 la d\u00e9fense a\u00e9rienne de la zone portuaire de Toulon. Jean Ainardi semble \u00eatre la premi\u00e8re victime civile [10] de ces combats sur la commune. Le Petit Var,&nbsp; journal de la r\u00e9gion, \u00e9crit&nbsp;dans son num\u00e9ro du 24 juin : \u00ab&nbsp;hier \u00e0 17 heures ont eu lieu les obs\u00e8ques de monsieur Jean Ainardi \u00e2g\u00e9 de 71 ans. Ces jours-ci alors que la DCA s\u2019opposait par des tirs de barrage aux attaques de l\u2019aviation ennemie, monsieur Ainardi s\u2019aventure dans son jardin potager, malgr\u00e9 les supplications de son entourage. Le tir devenant plus intense le septuag\u00e9naire se jeta \u00e0 terre \u00e0 plat ventre&nbsp;; quelques instants apr\u00e8s il \u00e9tait bless\u00e9 par plusieurs \u00e9clats d\u2019obus et d\u00e9c\u00e9dait deux jours apr\u00e8s au milieu de cruelles souffrances&nbsp;\u00bb. D\u2019autres victimes, militaires celles-l\u00e0, sont \u00e0 d\u00e9plorer. C\u2019est le cas par exemple du capitaine Jean Robert, engag\u00e9 dans les combats se d\u00e9roulant au Nord de la France en mai-juin 1940. [11] Tandis que le 17 juin Le Petit Var titre triomphalement&nbsp;(et sans doute exag\u00e9r\u00e9ment) \u00ab&nbsp;Onze appareils italiens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits&nbsp;\u00bb, le nouveau gouvernement pr\u00e9sid\u00e9 par le mar\u00e9chal P\u00e9tain demande l\u2019armistice, sign\u00e9 le 22 juin avec l\u2019Allemagne et le 24 avec l\u2019Italie. 2. Au temps du r\u00e9gime de Vichy et de la zone libre&nbsp;(fin juin 1940 &#8211; novembre 1942) \u00ab&nbsp;Travail, Famille, Patrie&nbsp;\u00bb&nbsp;: l\u2019heure est d\u00e9sormais \u00e0 la R\u00e9volution nationale engag\u00e9e par le gouvernement de Vichy. La municipalit\u00e9, de gauche, ne tarde pas \u00e0 en faire les frais. D\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, une lettre anonyme concernant la gestion de la commune est adress\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9fecture. Peu apr\u00e8s, une enqu\u00eate de police est conduite, disculpant la municipalit\u00e9. Au printemps 1941, la L\u00e9gion des Combattants r\u00e9clame la d\u00e9mission des \u00ab\u00a0municipalit\u00e9s ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb (dont celle de Six-fours) et leur remplacement. En mars 1941, le maire adresse ce courrier au chef de la L\u00e9gion des Combattants de Six-Fours&nbsp;: \u00ab Il me revient de plusieurs c\u00f4t\u00e9s que certains l\u00e9gionnaires formuleraient publiquement des attaques touchant l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de certains membres de la municipalit\u00e9 que j\u2019ai l\u2019honneur de pr\u00e9sider. Je me permets de vous soumettre l\u2019id\u00e9e de la cr\u00e9ation d\u2019un tribunal d\u2019honneur sp\u00e9cial aux l\u00e9gionnaires et dont les avis seraient assortis des sanctions n\u00e9cessaires allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019exclusion de ceux qui ne pas dignes de figurer dans une assembl\u00e9e d\u2019honn\u00eates gens. Bien entendu ce tribunal ne statuerait que sur les attaques dirig\u00e9es contre les membres du conseil municipal appartenant \u00e0 la L\u00e9gion. \u00bb [12]&nbsp; Les relations se tendent de plus en plus entre la L\u00e9gion et la municipalit\u00e9, accus\u00e9e de faire de la propagande gaulliste. A la fin du mois de juin 1941, les membres du conseil municipal adressent leur d\u00e9mission au sous-pr\u00e9fet consid\u00e9rant \u00eatre \u00ab&nbsp;parvenus au terme de notre mandat.\u00bb [13] Une nouvelle municipalit\u00e9 est nomm\u00e9e par le pr\u00e9fet, dirig\u00e9e par Jules Marquand, un capitaine d\u2019artillerie en retraite, \u00e2g\u00e9 de 56 ans. [14] La famille est \u00e0 l\u2019honneur. La Croix de la famille fran\u00e7aise est remise \u00e0 une m\u00e8re de famille, au nom du mar\u00e9chal P\u00e9tain, devant les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole de la Coudouri\u00e8re en mai 1941. Les valeurs sportives sont exalt\u00e9es. D\u00e8s septembre 1940, la d\u00e9cision est prise d\u2019am\u00e9nager des terrains de sport pour les \u00e9coles de la commune. En ao\u00fbt 1941, la municipalit\u00e9 Marquand d\u00e9lib\u00e8re sur la d\u00e9nomination des places. Et dans sa s\u00e9ance du 9, \u00ab&nbsp;le Conseil municipal se rangeant \u00e0 l\u2019avis de son Pr\u00e9sident sollicite \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 de l\u2019administration sup\u00e9rieure l\u2019autorisation de&nbsp;: 1\u00b0 transf\u00e9rer le nom de place \u00ab&nbsp;Mar\u00e9chal P\u00e9tain&nbsp;\u00bb \u00e0 la place Jean Jaur\u00e8s&nbsp;; 2\u00b0 de donner le nom de \u00ab&nbsp;Place Jean Mermoz&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019ex-Salle Verte.&nbsp;\u00bb Les retomb\u00e9es de la politique d\u2019exclusion conduite par Vichy se manifestent \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle communale. En juin 1941, une circulaire est adress\u00e9e au maire afin de constituer une liste de juifs en pr\u00e9alable au recensement officiel du 19 juillet. La chasse aux communistes reste d\u2019actualit\u00e9. Fin 1942, est conduite une nouvelle enqu\u00eate de police concernant leur activit\u00e9 dans la commune. Deux personnes sont suspect\u00e9es d\u2019\u00eatre des indicateurs communistes. Mais apr\u00e8s enqu\u00eate, elles sont innocent\u00e9es. [15] Face \u00e0 ces mesures, peu de signes tangibles de r\u00e9sistance apparaissent. Quelques tracts communistes&nbsp;sont distribu\u00e9s sur le territoire de la commune, fin 1941 notamment. L\u2019un, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Sauvons M\u00e9rot&nbsp;\u00bb est distribu\u00e9 \u00e0 Reynier en novembre [16], l\u2019autre, titrant \u00ab&nbsp;On assassine les patriotes&nbsp;\u00bb, est distribu\u00e9 au quartier de La Sardine en d\u00e9cembre. Toutefois depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur du rationnement au mois d\u2019ao\u00fbt 1940,&nbsp; l\u2019une des pr\u00e9occupations majeures des Six-Fournais concerne le ravitaillement. D\u00e8s cette date, d\u2019ailleurs, le maire signale au pr\u00e9fet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les habitants sont au courant de ce qu\u2019ils doivent faire pour obtenir la ration qui leur revient, mais un grave inconv\u00e9nient surgit&nbsp;: ils se pr\u00e9sentent chez les fournisseurs qui sont souvent dans l\u2019impossibilit\u00e9 de faire la d\u00e9livrance faute de marchandises\u2026&nbsp;\u00bb Les difficult\u00e9s sont aggrav\u00e9es au mois de novembre 1940, par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019environ 200 r\u00e9fugi\u00e9s en provenance de Menton. Dans une lettre adress\u00e9e au directeur d\u00e9partemental du ravitaillement, le maire r\u00e9clame du son, de l\u2019avoine, de la paille destin\u00e9s au b\u00e9tail et animaux de ferme, \u00ab&nbsp;les chevaux ne pouvant plus fournir le travail demand\u00e9 par la culture. 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